Lancé il y a trois ans, le fonds d’investissement du Crédit Agricole du Finistère, Force 29, trouve son rythme de croisière. Ces derniers mois, le fonds est entré dans le capital d’entreprises variées. D’Hemarina à Ecomiam en passant par Sabella, ou encore plus récemment eOdyn et Pebsco Bretagne, le fonds touche à tous les domaines tout en restant centré sur les entreprises finistériennes, bien entendu.
Une centaine de demandes en trois ans
« Notre rôle c’est vraiment d’accompagner le territoire et ses entrepreneurs. Alors forcément, il y a une sur-représentativité du maritime et de l’agroalimentaire », explique Pascal Laufroy, directeur général adjoint du Crédit Agricole 29 et président de Force 29. « On intervient en capital innovation, risque, développement et pourquoi pas pour de la transmission », poursuit-il. Force 29 pourrait, par exemple, aider à la transmission de grandes exploitations laitières ou porcines. « L’occasion ne s’est pas présentée, mais cela fait partie de notre rôle », précise Pascal Laufroy.
4 millions d’euros
La caisse régionale abonde 5 millions par an sur cinq ans dans Force 29. Depuis trois ans, 100 dossiers ont été ouverts, une trentaine portée. « Tous n’ont pas abouti, précise Didier Hamon. Il peut s’écouler entre 6 et 18 mois entre le moment de l’ouverture du dossier et sa conclusion. » Plus de quatre millions d’euros ont été engagés en trois ans sur une douzaine de lignes d’investissement. « C’est un ratio correct », se satisfait le président. Force 29 se veut le chaînon entre le banquier classique pour un prêt et des structures comme Unexo qui travaillent sur des tickets plus importants (autour d’un million d’euros), sur des entreprises plus mûres. « L’idée est d’éviter la rupture du financement de ces entreprises. Et il n’y a pas beaucoup d’acteurs sur ce segment du capital-risque ou capital innovation », indique Didier Hamon, le chargé d’investissement du fonds.
Reconnaissance du milieu
C’est ainsi que Force 29 est petit à petit monté en puissance. Dans ce cadre, le fonds entre au capital toujours de façon minoritaire et s’associe, en général, avec un ou d’autres capital-risqueurs. « Nous sommes complémentaires. Personne n’a intérêt à y aller seul sur des marchés aussi risqués que l’innovation ou la santé notamment. Aujourd’hui, Force 29 a acquis une certaine reconnaissance. Nous sommes plus connus et reconnus et l’on nous propose de participer à des dossiers. Le réseau fonctionne en écosystème : fonds, business angels, Bpifrance, technopôles, French Tech, etc. » Force 29 fait aussi partie d’un écosystème, interne au Crédit Agricole 29, d’aides aux entreprises. « Nous avons le Village by CA qui ouvre prochainement au Capucins à Brest. Notre société Ti Nay, accompagne le projet de Blue Valley à Roscoff. Enfin, une Scic, Finistère Mer Vent, vient d’être créée pour porter le pôle course au large à Port-la-Forêt avec un bâtiment. Il s’agit notamment d’éviter que les compétences partent ailleurs », détaille Jean-Paul Kerrien, président de la caisse régionale du Finistère.