Avec un chiffre d'affaires record de 86,6M€ en 2008, en hausse de 16,1% par rapport à l'année précédente, et un résultat net en augmentation de 60,3% à 10,4M€, le groupe marseillais Foraco, spécialisé dans le forage d'eau et minier, se positionne aujourd'hui au quatrième rang mondial de son secteur. Retour sur le parcours de cette entreprise locale positionnée sur les cinq continents, et reprise en 1997 par Jean-Pierre Charmensat et Daniel Simoncini, issus du groupe Comex.
La valse des reprises
L'aventure Foraco débute en 1962, lorsqu'un ingénieur transfuge du groupe Elf décide d'adapter les techniques de l'industrie pétrolière au forage d'eau et minier. «Il a remporté à l'époque un formidable succès, rappelle Jean-Pierre Charmensat, coprésident de Foraco avec Daniel Simoncini. La société s'est développée sur cette base, avant de devenir, entre1980 et1985, une filiale d'Elf, à 100%. Puis, le groupe, qui avait décidé de se recentrer sur son métier de base, a cédé l'entreprise au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)». Un organisme public français qui en a assuré la gestion jusqu'au début des années 1990, date à laquelle la société a été revendue au privé. Quelques années plus tard, les nouveaux dirigeants ont à leur tour décidé de passer la main, en revendant Foraco aux deux actuels présidents du groupe. «Au moment où nous avons repris l'entreprise, en 1997, elle travaillait seulement dans trois pays: la France - métropole et Nouvelle-Calédonie -, la Côte d'Ivoire et le Mali, et générait 10M€ de chiffre d'affaires, explique Jean-Pierre Charmensat. Voilà ce qu'il restait de l'empire Foraco... Mais étrangement, malgré ces changements successifs de dirigeants, le personnel, lui, était resté relativement stable. La société disposait donc d'un véritable savoir-faire, mais avait un réel problème de management...» Le duo décide alors de relancer Foraco, mais doit immédiatement affronter un revers conjoncturel. «La société avait toujours été positionnée sur deux marchés, l'eau et la mine. C'est ce qui faisait d'ailleurs son originalité. Or, une chute brutale du prix des matières premières a entraîné à l'époque une atonie de l'activité d'extraction minière. Nous avons donc décidé de nous développer davantage sur l'hydraulique, en relançant notre activité commerciale et en réinvestissant». Dans ce contexte, Foraco réalise une série d'acquisitions. En commençant en 2000, par la société Boniface, à Lunel (34), dont le site est aujourd'hui son centre logistique et son siège opérationnel, bien que le siège social du groupe soit toujours situé à Marseille. De même, en 2001, Foraco a racheté son principal concurrent en Afrique, Geomechanik. Des acquisitions qui ont permis au groupe d'atteindre les 30M€ de CA en 2002. Une activité portée à 70% par le forage d'eau.
L'eau et la mine
«Lorsque la crise minière a pris fin, en 2005, nous avons compris que nous n'étions plus positionnés convenablement, confie Jean-Pierre Charmensat. Sur le marché du forage minier, qui est éminemment anglo-saxon, nous n'étions pas crédibles. Nous avons donc décidé de nous implanter au Canada en 2006. En lançant une filiale en Ontario, et en rachetant une société en Colombie britannique. Nous sommes ainsi devenus légitimes vis-à-vis des grands donneurs d'ordres miniers». Dans la foulée, en 2007, le groupe s'introduit sur le premier marché à Toronto, et s'implante, via une filiale, aux États-Unis. Une manière de parachever son positionnement anglo-saxon, et, sur la base de cette synergie, de redévelopper son activité minière dans l'ensemble de la planète. Désormais, la mine représente les 2/3 des marchés de la société, tandis que l'eau reste stable. Poursuivant sa politique de croissance externe, Foraco a racheté une autre société canadienne en 2008. Aujourd'hui, le groupe intervient à 45% en Afrique, à 30% en Amérique du nord, à 10% en Australie, à 10% en Europe et à 5% en Nouvelle Calédonie.
Spécialisée dans le forage d'eau et minier, la société Foraco, dont le siège est basé à Marseille, emploie 950 salariés dans le monde et a généré en 2008 un chiffre d'affaires de 86M€, en croissance de 16%. Retour sur une aventure débutée en 1962.