Football : La manne des Grands Stades pour les entreprises locales

Football : La manne des Grands Stades pour les entreprises locales

Désignée pour organiser l'Euro 2016 de Football, la France rénove ses stades et en construit de nouveaux. Que ce soit à Lille ou à Saint-Etienne, les entreprises locales se partagent la manne non négligeable des travaux de rénovation et de construction de ces temples du sport. A lire : > Notre dossier complet sur le Grand Stade de Lille > Le dossier de la rédaction de Saint-Etienne sur le Stade Geoffroy-Guichard > L'article de la rédaction de Rouen sur le chantier du Grand Stade du Havre et l'article sur l'argent des clubs en Seine-Maritime.

Après plus de deux ans de travaux, le Grand Stade de Lille va ouvrir son arène hybride. Inauguration prévue avant fin 2012. Le 18 août, sauf événement exceptionnel, le Losc jouera bien son premier match à domicile de la saison de Ligue 1 sur sa nouvelle pelouse à Villeneuve-d’Ascq. Comme les footballeurs, les chefs d’entreprise attendent avec impatience de découvrir le premier stade de France avec toit ouvrant.

A Lille : 30 % de business contractuels réservés aux PME régionales
Pour Elisa la société maître d’ouvrage et concessionnaire des lieux pour 30 ans, sous tutelle d’Eiffage, le chantier est déjà un succès. « C’est un chantier qui a profité au Nord-Pas-de-Calais», se félicite Bertrand D’Hérouville le président d'Elisa qui dit avoir largement dépassé les 30 % de business contractuels réservés aux PME régionales.
Quand dix euros ont été dépensés, sept sont même restés dans la région, d’après ses calculs.

Saint-Etienne : une augmentation de 6,7 millions d’euros du prix des travaux
A Saint-Etienne, le stade Geoffroy-Guichard s’agrandit au fur et à mesure que les travaux de rénovation avancent. Annoncé initialement à 58,6 millions d’euros (TTC), le coût de la rénovation du mythique "Chaudron" est passé à 60,9 millions d’euros en 2011, puis à 65,3 millions d’euros dans le budget 2012 de la communauté d’agglomération. Une augmentation de 11,4 % qui s’explique par l’inévitable révision annuelle des prix, prévue par l’index de construction (900.000 euros), mais aussi par des travaux non prévus au niveau du PC de sécurité et de la tribune visiteurs (832.000 euros). Si l’opposition municipale s’inquiète et peste contre une augmentation de 6,7 millions d’euros en à peine un an et demi de travaux, il convient tout même de préciser que l’argent investi par la collectivité dans le nouveau Geoffroy-Guichard est d’ores et déjà source de retombées pour l’économie ligérienne.

Travaux : sur 30 entreprises sélectionnées, 20 de la Loire
En effet, si sur les 65,3 millions d’euros (TTC), une grosse partie revient au contractant général, en l’occurrence Léon Grosse et Chaix & Morel Associés, les sous-traitants ne sont pas en reste. Parmi la trentaine d’entreprises sélectionnées par Léon Grosse pour participer aux travaux, 20 sont domiciliées dans la Loire. Au total, ces 20 entreprises se sont vues attribuer pour l’instant près de 12,5 millions d’euros (HT) de marchés, contre un peu moins des 10,7 millions d’euros (HT) pour les entreprises extérieures au département.

Parfois une demi-année de chiffre d’affaires
« Pour nous, ce chantier représente au global une demi-année de chiffre d’affaires. Alors certes, ce montant est réparti sur deux ans et demi, mais c’est tout de même très intéressant financièrement. Et puis, le fait d’être ventilé sur plusieurs années, cela nous donne une certaine visibilité. Dans la période de crise actuelle, ce n’est pas donné à toutes les entreprises ! Comme j’ai l’habitude de dire, ce qui est pris n’est plus à prendre », commente Hugues Bruyère, dirigeant de l’entreprise couramiaude Changenet BHB (620.000 euros HT).
« C’est aussi un chantier référence sur le département. Tout le monde en parle. Il y aura certainement des retombées d’images pour les entreprises qui y participent, voir même des possibilités de nouveaux marchés. Pour ma part, j’ai déjà été contacté par des cabinets d’architecture pour répondre à des dossiers. Cela m’ouvre des perspectives intéressantes sur le marché des professionnels », Hervé Javelle, le P-dg de la société Deca Carrelage à La Fouillouse.

Un chantier de prestige pour les entreprises
« Cela sert effectivement l’image de l’entreprise, mais ce n’est pas ça qui amène du boulot derrière », prévient toutefois Daniel Paquet, directeur général de Dousson. Chargée de réaliser l’ensemble des installations électriques (courant fort et courant faible), la PME stéphanoise avait déjà participé aux travaux de rénovation pour la coupe du monde 1998. « Il faut le voir avant tout comme un chantier de prestige, une belle référence, mais avec le système des appels d’offres, il n’est pas certain que cela joue vraiment dans l’attribution ou non d’un marché », complète Daniel Paquet.