Les fonds de capital-amorçage ont pour vocation de participer au premier tour de table financier des sociétés innovantes, quand celles-ci n'ont pas encore de produit commercialisé ou n'ont pas achevé les phases de développement ou de qualification de leur technologie. «Nous intervenons en phase de post-création, un peu en amont de la phase de finalisation du prototypage», explique Hélène Cannard-Guillon, directrice des participations du fonds INOVAM/Groupe IRD de Lille, dans le Nord.
«On arrive à bien couvrir la phase d'amorçage»
Né d'un partenariat public/privé en 2002 à la suite de l'appel d'offres issu de la loi Allègre, le fonds géré par le Groupe IRD intervient auprès des entreprises du secteur des TIC, de l'électronique, des biotechnologies et du "greentech". Son capital vient d'être doublé à 10,12M€. Et depuis sa création il est intervenu sur plus de 30 dossiers pour plus de 3,6 M€ investis. Son action vise à valoriser les projets universitaires et de laboratoires ayant «une bonne lisibilité, avec le souci d'une vraie propriété intellectuelle.» Le fonds intervient en opération de haut de bilan quand la société a été créée, généralement avec l'aide des incubateurs et d'Oséo, pour un montant maximal de 500.000 € par projet. «Avec le concours éventuel de business angels, les prêts d'honneur et les aides Oséo, on arrive à bien couvrir la phase d'amorçage», estime Hélène Cannard-Guillon.
Huit à dix ans faute de capital-risqueurs
La plus grande difficulté, selon cette dernière, est l'accès à l'étape suivante: l'arrivée des capital-risqueurs, très peu nombreux en France et aux critères d'éligibilité draconiens. «Nous sommes du coup obligés de rester plus longtemps dans les sociétés que nous soutenons - de huit à dix ans.» La commission européenne vient de donner le feu vert à la création du Fonds national d'amorçage (FNA) voulu par Paris dans le cadre du Grand Emprunt. Doté par l'État de 400M€, il sera géré par la Caisse des Dépôts Entreprises.
Pas facile, quand on est une entreprise technologique, de convaincre les banquiers. Des fonds spécifiques existent toutefois pour ces porteurs de projets particuliers.