La caution apportée par la Région Normandie n’aura pas suffi à sauver les Cafés Legal au Havre. En effet, après s’être déclarés en cessation de paiements en septembre dernier, les Cafés Legal, implantés au Havre depuis 1851, avaient vu l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, prononcée par le tribunal de commerce de Paris le 8 octobre dernier. Une mesure de protection temporaire pour une entreprise victime notamment de la hausse des prix du café "avec pour seule finalité de solutionner l’endettement de l’entreprise et ainsi pérenniser son activité et ses emplois", assurait la direction de l’entreprise.
Arrêt définitif de la production
Afin de maintenir la continuité de l’activité de l’entreprise, le tribunal de commerce de Paris avait demandé le versement d’une caution d’un million d’euros. Un montant pour lequel la Région Normandie s’était portée garante auprès du tribunal. Las, le soutien de la collectivité n’aura pas été suffisant : le tribunal de commerce de Paris a prononcé, ce mardi 17 décembre, la liquidation de l’entreprise de torréfaction. "Malgré une forte activité de l’entreprise ces derniers mois, dans une période difficile marquée par une hausse historique des cours du café, aucune solution de reprise n’a pu aboutir, le tribunal a jugé que la seule offre de reprise déposée ne présentait pas de garanties suffisantes pour assurer la pérennité de cette entreprise", explique la direction de l’entreprise dans un communiqué.
110 suppressions d’emplois
Une décision qui entraîne l’arrêt immédiat de la production et le licenciement des 110 salariés de l’entreprise havraise. Un liquidateur judiciaire va être chargé de mener la procédure et "veillera au respect des droits des salariés et des créanciers", selon la direction de Cafés Legal qui "regrette cette conclusion".
Un actionnaire parisien et deux usines au Havre
Fondée il y a 173 ans au Havre, l’entreprise a connu différents propriétaires : l’américain General Food, la famille Frydman, l’entrepreneur bordelais Michel Ohayon. En juin 2023, elle est passée dans le giron du fonds en capital-investissement FNB Private Equity. Basé à Paris, ce fonds parisien est actionnaire majoritaire au capital de l’entreprise, aux côtés du management.
Si le siège social de Cafés Legal a été transféré à Paris, la PME a maintenu son ancrage industriel en Normandie. L’entreprise a installé ses deux sites de production au Havre. Le plus important est situé sur les hauteurs de la ville, près de l’aéroport sur la zone de Bléville sur 17 500 m², et le second site de 5 000 m² à quelques encablures du port, sur le boulevard Amiral Mouchez.
De Johnny Hallyday aux capsules de café
Ayant fait appel dans les années 1990 à Johnny Hallyday pour vanter les mérites de son café dans des publicités, le torréfacteur s’est lancé dans les années 2010 dans la production de capsules de café. L’entreprise tablait alors sur un important développement sur ce marché, grâce à une capacité de production de 100 millions de capsules par an.
Et malgré un incendie en juin 2016 qui endommage grandement les unités de production, la société poursuit ses développements avec en 2018, un nouveau pas de franchi avec la mise au point de capsules bio 100 % végétale, biosourcé et biodégradable.
En 2020, au moment de la pandémie de Covid-19, le torréfacteur avait mis en œuvre un plan de continuité au sein de son usine du Havre. Sur la base du volontariat, la grande majorité des salariés du site avaient accepté d’assurer la production. Un dévouement qui n’aura pas suffi à assurer la pérennité d’une entreprise emblématique de la région havraise dont les portes se referment à présent définitivement.