FMDL / Loire Industrie : Entre licenciements et croissance
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FMDL / Loire Industrie : Entre licenciements et croissance

Métallurgie. Dans le giron de l'Italien Forgital depuis 2009, le métallurgiste FMDL a suivi une trajectoire opposée à celle que préconisait son ex-dirigeant, Richard Romagny. FMDL a annoncé, début septembre, le licenciement de la moitié de ses salariés.

77 M€ en 2008, 25 M€ en 2013. 280 salariés en 2008, 174 aujourd'hui. 5 M€ de pertes en 2012, 4 M€ en 2013. Les chiffres sont sans appel. FMDL, au Chambon-Feugerolles, est en grande difficulté. Principale fautive, selon Thomas Benoît, le directeur du site, la crise de 2009 qui a généré une baisse de charge plus que significative. Spécialisée dans le forgeage et le laminage de couronnes métalliques sans soudure, la filiale du groupe italien Forgital doit aujourd'hui prendre des décisions fortes pour assurer la survie du site.




Spécialisation de FMDL

« Notre actionnaire, Forgital, a deux sites en France. Nous allons faire des économies de structure en créant des synergies avec l'équipe des Forges Dembiermont dans le Nord », détaille Thomas Benoît. Autre décision importante, celle de se spécialiser fortement sur l'aéronautique et le spatial. En se réorientant sur des marchés moins concurrentiels et en réalisant des économies, FMDL espère pouvoir revenir à l'équilibre dès 2014, grâce notamment à une lourde restructuration entraînant le licenciement de 90 salariés, soit la moitié de son effectif. Stratégie qui scandalise Richard Romagny, P-dg du groupe AIR et ex-dirigeant de FMDL créée au début des années 80 par son père Joannes Romagny. « Pour assurer le développement de FMDL, j'ai cédé 80 % des parts du groupe (FMDL - Loire Industrie - Forges d'Albert) en 2006 à Forgital. En 2009, je suis complètement sorti car je n'étais plus en phase avec les décisions. » Et de poursuivre, visiblement encore très remonté : « On m'a demandé d'abandonner certains types de clients, les petites séries en clair, les marchés de services, pour passer à de la production de masse. C'était une erreur monumentale, ces marchés-là sont moins rentables. » Quelques mois plus tard, les Italiens décident finalement de recentrer leurs actifs et rétrocèdent notamment Loire Industrie et les Forges d'Albert à leur ancien dirigeant, Richard Romagny. « Ils auraient pu me faire signer une clause de non-concurrence, mais ils ne l'ont pas fait et je les en remercie. » Les actionnaires italiens autorisent ainsi Richard Romagny à développer sa propre forge. Redevenu le patron du spécialiste des brides de raccord, Loire Industrie à Saint-Chamond, Richard Romagny ne s'en prive donc pas et investit 4 M€ en 2012 dans une forge.




Nouvelle forge pour Loire Industrie

« Il s'agit d'une activité parallèle et complémentaire de la bride de raccord. Nous avons pu nous positionner sur des petites commandes de pièces forgées avec des délais très courts », développe Richard Romagny. Cet investissement lui a permis aussi de se passer de son sous-traitant en matière de forgeage. Sous-traitant qui n'était autre que FMDL... « Cela nous a permis d'améliorer notre marge et d'éviter les problématiques de délais. » Résultat : 9 M€ de chiffre d'affaires en 2009, 15,6 M€ l'année dernière, 17 M€ cette année avec un résultat net de 227.000 € en 2010 et de 600.000 € en 2012. « Il est clair que cette nouvelle forge nous place sur un terrain de jeu similaire mais l'impact reste tout de même limité », précise Thomas Benoît, directeur du site FMDL. « La clientèle de FMDL est bien plus vaste que celle de Loire Industrie. Les brides ne doivent représenter que 2 % de leur activité... On ne peut certainement pas affirmer que je suis allé prendre du chiffre à FMDL », se défend Richard Romagny, attristé de l'évolution de la société fondée par son père et ultra-sollicité par son ancienne équipe.




Regrets

« Nous nous sommes battus. Avant de céder l'entreprise, nous avions établi un business plan permettant d'atteindre les 100 M€ de chiffre d'affaires en 2012. Mais il y a eu une succession de mauvaises décisions. Je crains fort pour l'avenir de FMDL car je ne vois pas comment elle va faire face aux charges fixes avec seulement 90 salariés et un chiffre d'affaires si bas. J'aimerais faire quelque chose mais je ne peux n'y reprendre l'entreprise puisque j'ai réinjecté tous les fonds de la cession dans de l'investissement, ni reprendre tous les salariés... », regrette Richard Romagny. Il a néanmoins essayé de redresser le navire en début d'année. Face à des prévisions catastrophiques, Forgital lui avait en effet demandé de reprendre les rênes de FMDL, comme un P-dg consultant en quelque sorte. Mission acceptée, mais seulement pendant trois mois. Son business plan sur trois ans prévoyait notamment des investissements en matériel et en stock pour améliorer le niveau de services, mais pas de suppressions de postes. « Plan irréaliste », selon FMDL. Richard Romagny a donc dû se résoudre, de nouveau, à quitter FMDL en avril dernier. « Ce qui me chagrine le plus, c'est que l'argent que Forgital va dépenser dans le plan social, c'est ce que je réclamais pour redéployer FMDL... », conclut Richard Romagny.

FMDL



(Le Chambon-Feugerolles)


Directeur : Thomas Benoît 174 salariés CA 2012 : 33 M€ 04 77 40 53 70

Loire Industrie



(Saint-chamond) Dirigeant : Richard Romagny 93 salariés CA 2012 : 15,6 M€ www.loire-industrie.fr

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