L’équipementier automobile Valeo met en vente trois usines près de Paris, Lyon et Le Mans
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L’équipementier automobile Valeo met en vente trois usines près de Paris, Lyon et Le Mans

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Le groupe de 112 000 collaborateurs présent dans 29 pays veut réduire son nombre de sites en France. Les raisons sont à chercher du côté de la stratégie de transformation de Valeo et du contexte économique global du secteur automobile. En Sarthe, en Isère et dans les Yvelines, des centaines d’emplois sont concernées.

L’équipementier automobile Valeo met en vente ses usines de La Suze-sur-Sarthe (Sarthe), L’Isle-d’Abeau (Isère) et La Verrière (Yvelines) — Photo : adobe stock - Marcin Golba

La nouvelle est tombée lundi 15 juillet auprès du CSE de Valéo France : le groupe a mis trois de ses sites en vente dans l’Hexagone : La Suze-sur-Sarthe (Sarthe), L’Isle-d’Abeau (Isère) et La Verrière (Yvelines). Sont concernés respectivement 270 salariés sur le premier site, 350 sur le deuxième et plus de 400 sur le dernier. L’usine de La Verrière et ses 650 salariés l’an dernier avaient déjà été concernés par un plan de sauvegarde de l’emploi en début d’année.

Déjà des licenciements depuis 2023

En janvier 2024, l’équipementier automobile avait annoncé son intention de supprimer quelque 1 150 postes dans le monde dont 235 en France — voire 412 selon les calculs des syndicats ; ce sera donc davantage. En juillet 2023 déjà, un plan social avait concerné en particulier le site d’Amiens (Somme) : selon les syndicats 89 licenciements ont été effectués en vue d’une délocalisation en Turquie de la production d’embrayages pour moteurs thermiques.

Le moteur électrique pas assez rapide

Les sites concernés cette fois appartiennent à la nouvelle division née de la fusion de deux grands pôles du groupe, les activités thermiques et les systèmes de transmission. Cette stratégie doit permettre d’aligner le groupe sur les nouvelles tendances, notamment le marché de l’électrique. Mais dans ce domaine, les commandes peinent encore à décoller. Dans l’Isère, les salariés de L’Isle-d’Abeau avaient d’ailleurs espéré de nouveaux contrats pour moteur électrique.

Une industrie automobile au ralenti

Globalement, le secteur automobile avance au ralenti depuis la crise du Covid en 2020. Pour les équipementiers, ce coup de frein peut s’avérer un coup d’arrêt. En France, le groupe Valéo avait déjà négocié dès 2020 la suspension de suppressions d’emplois conditionnée au gel de salaires. Cette fois, le groupe dont l’État français est le principal actionnaire, via les actions de Bpifrance et de la caisse des dépôts, veut se désengager de sites industriels.

Des inquiétudes ailleurs

Sans repreneur, ces mises en ventes pourraient conduire à des fermetures. Ce qui n’est pas sans inquiéter les collaborateurs d’autres sites comme à Mamazet dans le Tarn ou encore à Laval en Mayenne, où le chômage technique s’est imposé au planning de production les premiers mois de l’année. En Pays de la Loire, Valéo possède également deux sites à Angers, pour la production et la R & D, et une usine à Sablé-sur-Sarthe. Le groupe annonce 37 sites dans toute la France, dont 14 consacrés à la R & D.

Une activité au compte-gouttes à La Suze

Pour le site de La Suze-sur-Sarthe, l’érosion de l’activité ne date pas d’hier. Le site comptait 2000 salariés il y a vingt ans, contre près de dix fois moins aujourd’hui. Interne à l’usine, le pôle R & D de La Suze-sur-Sarthe avait déjà été mis à mal par la fusion des activités thermiques du groupe. Jusqu’ici, le site travaillait à la conception de produits et process et à la mise en production pour toutes les usines de France et d’Europe qui produisaient des échangeurs thermiques pour la climatisation.

Transformation du groupe et chiffre d’affaires en hausse

Après la révélation par l’intersyndicale des mises en vente de ces trois sites, l’action de Valéo a flanché sous la barre des dix euros. Pourtant, le chiffre d’affaires du groupe était en hausse de 2 % au premier trimestre (à périmètre et taux de change constants) à 5,4 milliards d’euros. Les objectifs pour 2023 avaient été comblés avec près de 35 milliards d’euros de prises de commande et un chiffre d’affaires dépassant les 22 milliards d’euros, en hausse de 11 % (également à périmètre et taux de change constants). L’ambition du groupe est de se transformer à travers plusieurs actions leviers : augmenter de plus de 60 % le résultat d’exploitation et la génération de cash entre 2023 et 2025, accélérer la croissance organique et réduire globalement les coûts.

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