Elle a 27 ans, est vendeuse à mi-temps dans une boutique de prêt-à-porter et regorge d'idées. Diplômée de l'École des Beaux-Arts de Saint-Étienne, section design, Émilie Chanteloup a créé À fleur d'orgies en septembre2011. «J'ai toujours eu l'envie de dessiner ma propre ligne de vêtements. Je suis entrée aux Beaux-Arts dans la perspective de développer mon sens créatif», raconte la jeune femme. Elle poursuit: «pendant mes études, j'ai fait un mémoire sur l'uniforme des militaires et notamment sur les effets des marins et le fameux pliage au carré».
Être prête dans deux ans
Une idée a germé alors dans son esprit: les marins partent d'un vêtement pour en faire un carré. Pourquoi ne partirait-on pas d'un carré pour en faire un vêtement? «Avec cette technique, la découpe et la fabrication sont simplifiées, le vêtement se plie facilement et s'adapte à toutes les morphologies», plaide la jeune patronne. Jusqu'ici distribuée uniquement par le bouche à oreilles, elle vient de lancer sa boutique en ligne. Elle propose, pour l'instant, quelques robes, jupes et tops. «Je dois travailler à côté pour gagner ma vie puisque pour l'instant mon entreprise ne me rapporte rien. Ce n'est pas évident d'avoir certains jours la casquette de vendeuse et d'autres, celle de chef d'entreprise. Et puis, cela ne me laisse pas beaucoup de temps, mais pour l'instant, je n'ai pas d'autre choix. Mon objectif est d'avoir une vraie collection à présenter au salon Prêt-à-Porter Paris, dans les deux ans». Elle doit prochainement faire une vente à la galerie lyonnaise Delta à laquelle elle va inviter les boutiques lyonnaises, les blogueuses...
Accompagnement
La jeune créatrice a souhaité se lancer sur le chemin de la création seule pour faire ses premières armes mais elle devrait être accompagnée, rapidement, par le Village des créateurs de Lyon. Un accompagnement qui lui permettra peut-être de passer un cap.
Grandes séries
«J'ai aujourd'hui un tarif de vente moyen de 80 à 160euros par vêtement. Ce sont des pièces uniques ou des très petites séries. Elles sont fabriquées par une maison de confection roannaise. Mais les coûts sont très élevés évidemment», regrette Émilie Chanteloup. «Je souhaite rester sur de la fabrication française mais pour baisser les prix, pour être sur des tarifs adaptés à la distribution du prêt-à-porter, il faut faire des plus grandes séries. Je cherche donc un partenaire financier pour m'atteler à cet objectif». Pour se développer, la jeune femme table sur son site et, pourquoi pas, sur de la distribution en boutiques multimarques si les marges sont suffisantes.
À fleur d'orgies
(Saint-Étienne) Dirigeante: Émilie Chanteloup www.afleurdorgies.com