« C'est la ruée vers l'Ouest », plaisante Pierre Gattaz, actuellement en pleine tournée bretonne. Objectif de sa venue : « rencontrer mes pairs, les chefs d'entreprises, les soutenir et leur donner le moral ». Et justement, le moral des entrepreneurs finistériens est-il bon, un an après sa dernière visite ? « Certains secteurs continuent de souffrir, notamment le bâtiment avec ce problème majeur qui est celui des travailleurs détachés. Mais d'autres filières repartent, comme l'intérim, les services et le numérique... Il y a aussi de belles réussites, particulièrement du côté des EMR, ou encore de la cyber-défense », analyse le président du Medef qui en profite pour louer les effets positifs du Pacte de responsabilité et du CICE. Car cette visite était aussi l'occasion de marteler, une nouvelle fois, les positions de l'organisation patronale face au gouvernement.
« Le risque, c'est de se retrouver avec une croissance sans emploi »
À commencer par le Pacte de responsabilité. « Pour financer l'investissement, les entreprises ont besoin de marges, qui sont d'ailleurs légèrement plus faibles en Bretagne qu'ailleurs en France. C'est la raison pour laquelle nous demandons au gouvernement de maintenir ce pacte de responsabilité, et d'être même plus ambitieux car il ne s'agit que du tiers du chemin qu'il reste à parcourir pour être en mesure de nous aligner sur des pays comme l'Allemagne ».
Et Pierre Balland de poursuivre, pour ses dernières interventions en tant que président de l'Union des Entreprises-Medef Finistère : « les entreprises sont très satisfaites du CICE, c'est un dispositif très simple d'utilisation qui a permis à certaines entreprises de survivre. N'oublions pas que les entreprises n'embauchent qu'après avoir fait des investissements ». « Nous attendons aussi du gouvernement des actions pour redonner confiance aux dirigeants, au risque de nous retrouver avec une croissance sans emploi », reprend Pierre Gattaz. « Nous avons applaudi le pacte de responsabilité, mais en parallèle, on nous a ajouté le compte pénibilité qui a complètement brouillé les cartes...»
« Des projets industriels essentiels gelés par des groupuscules »
Second point d'inquiétude pour l'organisation patronale : le besoin de souplesse face à l'agilité des marchés. « Nous attendons beaucoup du rapport Combrexelle : la législation du travail est trop rigide face aux mutations de l'économie. Nous voulons renforcer les moyens de discuter directement avec les salariés. Quand on demande de la flexibilité du travail, ce n'est pas pour virer des salariés mais pour protéger les investissements en période de baisse des marchés », argumente Pierre Gattaz.
Un autre point, qui tient particulièrement à cœur de Pierre Balland : « la difficulté de monter des projets industriels essentiels quand ils se retrouvent gelés par des groupuscules d'opposants », s'agace-t-il, citant pêle-mêle la Sill, la Sica ou encore la centrale au gaz de Landivisiau.
Après avoir souligné le rôle crucial de l'apprentissage pour trouver de la main d'œuvre qualifiée, Pierre Gattaz est retourné à Télécom Bretagne, l'école où il a fait ses études et où se tenait l'AG de l'Union des entreprises-Medef Finistère rassemblant une centaine de chefs d'entreprise. L'occasion, aussi, d'accueillir Stéphane Bidamant, nouveau président de l'organisation patronale finistérienne.
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