Il y a un an, le Crédit Mutuel Arkéa annonçait vouloir s'émanciper de la tutelle de sa Confédération. La banque finistérienne avait déposé plainte pour prise illégale d'intérêt et entrave à la concurrence auprès du procureur de la République et de l'Autorité de la concurrence. Elle avait également saisi la Banque Centrale Européenne. Aujourd’hui, aucune date pour une décision n’est fixée. Mais le dossier est revenu sur le devant de la scène avec un vote, le 14 octobre dernier, de la confédération pour faire évoluer son statut d’association à coopérative.
« Une mise sous tutelle brutale et hostile », dixit Frank Bellion, président de la CCI de Brest. Le projet a en effet été adopté malgré le vote contre des trois fédérations du Crédit Mutuel Arkéa (Bretagne, Aquitaine, Massif Central), minoritaire par rapport à celles des 11 du Crédit Mutuel-CIC. « Une majorité suffit, ce qui est abérrant ! », ajoute l’élu consulaire. Avec François Cuillandre, président de Brest Métropole, ils ont décidé d’écrire au ministre des Finances, Michel Sapin, qui doit en effet donner son agrément. « On a tout simplement demandé d’attendre que les décisions de justice soient rendues », explique François Cuillandre.
Les mondes politiques et économiques espèrent, par leur mobilisation, préserver l’indépendance de la banque du Relecq-Kerhuon, qui emploie 6.000 personnes en Bretagne dont 2.800 dans Brest Métropole. « C’est un sujet d’importance pour maintenir les centres de décisions en Bretagne, mais aussi l’emploi et toute l’économie. A titre d’exemple, Arkéa dépense en achat de fournitures diverses 360 M€ en Bretagne par an ! », précise Frank Bellion.
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