C’est la deuxième disparition d’une structure d’accompagnement des femmes entrepreneures en Bretagne en quelques mois. Après la fermeture du réseau Entreprendre au féminin Bretagne en février, Bouge ta boîte met à son tour la clé sous la porte. Sa liquidation judiciaire a été prononcée le 16 juillet 2025 par le tribunal de commerce de Rennes.
175 antennes en France
Fondé en 2016 par Marie Eloy, qui était également à l’origine du réseau Femmes de Bretagne puis de Femmes des Territoires, Bouge ta boîte avait, elle, le statut d’entreprise (SAS) et non d’association. Employant 28 salariés (CA : n.c.), elle avait mis au point un concept unique et novateur au service de "l’égalité économique".
"Nous pouvons affirmer haut et fort que l'égalité économique, les femmes, les petites entreprises, les territoires ne sont ni pris au sérieux, ni soutenus dans notre pays. Ce n'est pas de l'amertume, c'est un constat."
Implanté dans plus de 140 villes à travers la France (175 antennes), Bouge ta boîte rassemblait environ 2 200 femmes dirigeantes. En fonction du nombre d’adhérentes sur un territoire, l’entreprise montait des Cercles de 15 à 25 personnes, qui se réunissaient deux fois par mois, avec pour objectif de développer leurs compétences, leur visibilité et leur chiffre d’affaires. Elle avait aussi mis en place des formations dédiées aux entreprises et collectivités pour accélérer les carrières des femmes (Bouge ton groupe).
Un manque de moyens sur fond de crise économique
Dirigée par Julie Bodin, Bouge ta boîte a subi ces derniers mois la crise économique et le contexte politique, qui ont entraîné le gel de nombreux budgets. L’entreprise était uniquement financée par des actionnaires, partenaires, 400 investisseurs en "crowdfunding" et ses "Bougeuses" (adhérentes), sans subventions donc. Elle avait été placée en redressement judiciaire en juin 2025, "pour éviter la liquidation et nous adosser à un groupe plus grand", explique l’équipe dans un communiqué de presse. Mais sans succès.
Marie Eloy et Julie Bodin lancent l’alerte : "ce qui n’est pas financé disparaît. [… ] Nous pouvons affirmer haut et fort que l’égalité économique, les femmes, les petites entreprises, les territoires ne sont ni pris au sérieux, ni soutenus dans notre pays. Ce n’est pas de l’amertume, c’est un constat."