Filière agricole : Trouver les leviers pour ne pas subir
# Conjoncture

Filière agricole : Trouver les leviers pour ne pas subir

Désarçonné. Le mot fait bondir Jean-Luc Pelletier, président de la chambre d'agriculture de Lorraine. «Nous ne sommes pas désarçonnés face à la situation internationale», enfonce le président. «Nous sommes attentifs à l'ensemble des éléments qui peuvent influencer le devenir des exploitations agricoles lorraines.» Il n'empêche : lors d'une journée de réflexion, organisée conjointement par la chambre régionale d'agriculture et le CERF France Lorraine, les décideurs du monde agricole lorrain se sont retrouvés pour tenter de trouver des «leviers d'actions», afin de faire face à la fragilisation des exploitations.




Investissements difficiles

Le constat de la situation, dressé par des graphiques et une accumulation de chiffres a de quoi inquiéter : ramenée à l'Unité de travail humain (UTH), la marge d'orientation d'une exploitation agricole standard en lorraine a été de 2.940€ en 2010. Difficile dans une telle situation d'envisager sereinement l'avenir et d'investir. En 2009, une très mauvaise année pour l'agriculture lorraine, 78% des exploitations se sont retrouvées avec une marge d'orientation négative. Mieux vaut dans ce cas parler de déficit de trésorerie. En établissant une moyenne entre 2007 et 2009, les experts du CER France ont montré que seuls 64% des exploitations réussisaient à conserver une marge positive. Avec près de 50.000 emplois et 1,6 milliard d'euros de production, la filière est tout de même un poids lourd en Lorraine.




Garder les outils en région

Mais un colosse aux pieds d'argiles, encore «trop divisé face à certains acteurs, notamment la grande distribution ou l'agroalimentaire», concède Jean-Luc Pelletier, qui se félicite de voir des mouvements de concentration dans les coopératives lorraines. «Nous devons nous organiser pour conserver des outils de productions à l'échelle de la région et pouvoir peser.» Autre chantier, la modernisation des exploitations. Les observations des techniciens ont montré que des ajustements adroitement menés dans la conduite de l'exploitation pouvaient aboutir à des économies réelles : l'enjeu n'est pas de réduire, mais bien d'optimiser les coûts pour permettre aux exploitations d'arriver à un optimum économique. La question de la transmission aurait aussi de quoi inquièter le président de chambre régionale: «Nous avons certes des problèmes au niveau du foncier. Pour un jeune, c'est souvent une charge insurmontable. Mais les banquiers, même s'ils se montrent parfois frileux, savent que le foncier lorrain attire les convoitises».

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