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Filiale de Riou Glass, la PME normande spécialisée dans le vitrage isolant LVI Riou Glass va cesser son activité
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Filiale de Riou Glass, la PME normande spécialisée dans le vitrage isolant LVI Riou Glass va cesser son activité

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Le site LVI Riou Glass de Gaillefontaine (Seine-Maritime), fabricant de verres isolants, cessera son activité le 31 décembre 2025, occasionnant le licenciement de 38 salariés. Déficitaire depuis 15 ans, le site avait accumulé les difficultés, en dépit d’investissements importants du groupe.

Filiale du groupe normand Riou Glass, LVI Riou Glass, basée à Gaillefontaine (Seine-Maritime), va cesser son activité le 31 décembre 2025 — Photo : Angéline PHOTOGRAPHIE

La PME LVI Riou Glass, basée à Gaillefontaine (Seine-Maritime), à mi-chemin entre Rouen et Amiens, va cesser son activité le 31 décembre 2025, licenciant 38 salariés. Déclarée en "liquidation amiable" depuis le 20 novembre 2025 (dissolution volontaire de l’entreprise prononcée par ses associés, une procédure pouvant se passer des tribunaux), la société spécialisée dans les vitrages isolants, fondée en 1973 et rachetée par le groupe normand Riou Glass (1 400 salariés, 270 M€ de CA 2024) en 2009, avait pourtant bénéficié d’investissements importants, de l’ordre de 2 millions d’euros en 2022, pour la modernisation de l’outil de production et l’optimisation du site.

"Ça fait quinze ans que le site perd de l’argent. Les problèmes de rentabilité perduraient, il fallait stopper l’hémorragie"

Arrivé il y a deux ans "pour redresser le site", Erwan Louchel, directeur de LVI Riou Glass, perdra lui aussi son emploi. "Ça fait quinze ans que le site perd de l’argent. Depuis le rachat de LVI par Riou Glass au groupe américain Pilkington, le site a été renfloué à hauteur de 10 millions. Les problèmes de rentabilité perduraient, il fallait stopper l’hémorragie", dit-il.

Selon le futur-ex directeur, plusieurs facteurs ont concouru à fragiliser l’activité de LVI. Tout d’abord, la perte du service commercial entre décembre 2024 et juillet 2025, dont les quatre collaborateurs ont été débauchés par la concurrence. Mais aussi, la migration du logiciel informatique, initialement prévue en période de faible activité (février 2025), pour être finalement réalisée durant l’été. "Ça a mécontenté beaucoup de clients : on a perdu 40 % de notre chiffre d’affaires depuis septembre ! On ne peut pas reprocher au groupe d’avoir eu la volonté de fermer le site, d’autant plus qu’il venait d’investir des centaines de milliers d’euros sur ce logiciel", estime Erwan Louchel.

Des disparités selon les sites soumis à plus ou moins forte concurrence

Le contexte politique national interdisant toute visibilité, un secteur du BTP quasiment à l’arrêt sont des éléments de réponse, mais pas suffisants. Car comment comprendre alors la fermeture du site, alors que le groupe annonce avoir investi trois millions d’euros sur le site Riou Glass VIR (100 salariés, 15,3 M€ de CA 2024) à Pia (Pyrénées-Orientales) ? "VIR est, comme le site VIC de Saint-Lô (Manche), le plus rentable de Riou Glass, relate le directeur. Certains sites du groupe Riou Glass sont plus rentables, parce que situés dans des zones de chalandise plus favorables, Ainsi, le site de Saint-Lô (Riou Glass VIC) a toujours rapporté parce qu’il n’est pas exposé à une forte concurrence, tandis que nous, nous sommes positionnés sur la région parisienne où nous faisons face à une concurrence très rude".

Enfin, la hausse de 20 % du coût des matières premières depuis le début 2025, "sans les répercuter sur la clientèle a nettement réduit nos marges. Certes, ça a touché tout le monde, c’est un paramètre de plus qui nous a fragilisés", conclut le directeur.

Les difficultés de reclassement des salariés

L’ensemble du personnel va intégrer la cellule Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) de France Travail. "J’ai invité, à titre personnel, des agences d’intérim Manpower de Gournay-en-Bray et Dieppe à rencontrer tous les salariés sur une journée pour envisager des solutions de reclassement, relate le directeur. Les services RH de Gaillefontaine constituent actuellement une liste du personnel avec leur ancienneté et leur polyvalence, afin de la transmettre à Eric Picard, président de la communauté de communes des 4 rivières (CC4R) sur le territoire de laquelle se trouve le site LVI. C’est un personnel manuel qualifié, une main d’œuvre qui sera appréciée. Mais, s’ils doivent aller au-delà de 15 à 20 km, pourront-ils être suffisamment mobiles ?".

Eric Picard, déplore un manque de dialogue et d’anticipation. "Un dialogue avec les partenaires potentiels (que sont la communauté de communes et la Région, autorités compétences en matière de développement économique) aurait pu éviter d’être aujourd’hui devant le fait accompli. Si le groupe avait anticipé, on aurait pu identifier des opportunités de reclassement dans le territoire pour les 38 salariés, du moins sous forme d’une décélération programmée. La direction avait confié avoir eu de fâcheuses expériences dans d’autres territoires, mais nous, nous aurions pu essayer de trouver des solutions avec des entreprises locales".

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