Ferroviaire : Le réseau normand rénové pour 1,5 milliard d’euros
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Ferroviaire : Le réseau normand rénové pour 1,5 milliard d’euros

Officialisée le 24 novembre, la commande de 40 nouveaux trains pour les lignes "Trains d’équilibre du territoire" (TET) normandes entraine dans son sillage près de 1,5 milliard d’euros d’investissement.

Climatisation autorégulée, faibles niveaux acoustiques et vibratoires, Wifi, prises électriques, affichage de la réservation sur les sièges... Les voitures à deux étages des 40 nouveaux trains commandés auprès de Bombardier, financés par l’Etat à hauteur de 720 millions d'euros, promettent un niveau de confort inédit sur les lignes régionales et doivent permettre à la Normandie de sortir du marasme ferroviaire, a assuré Hervé Morin, président de la Région Normandie, ce 24 novembre.

« C’est un contrat historique. Nous avions le sentiment d’être abandonnés mais la bataille du rail est en passe d’être gagnée. A travers la décision de la Région de prendre en main la gestion des lignes Trains d’équilibre du territoire (TET, ndlr), avec pour compensation, l'achat par l’Etat des nouveaux trains, une étape décisive est franchie. Dès 2020, les Normands pourront voyager dans des trains dignes des TGV », a-t-il promis. Le président Morin affiche aussi son ambition de faire redémarrer le trafic ferroviaire sur les lignes Paris-Caen-Cherbourg, Trouville-Deauville et Paris-Rouen-Le Havre (l’accord signé avec le Premier ministre le 25 avril dernier porte aussi sur les lignes Paris-Evreux-Serquigny et Caen-Le Mans-Tours). « L’objectif est de transformer le service pour regagner des parts de marché car ces lignes ont été victimes d’une vraie baisse de fréquentation », a-t-il constaté.

1,5 milliard d'euros investis

En plus des 720 millions d'euros investis par l’Etat pour l’achat des 40 trains Bombardier Omneo, 700 autres millions seront dévolus à la rénovation des voies des principales lignes Intercités ainsi qu’à la rénovation et à la simplification du réseau à l’entrée de la gare Saint-Lazare. À cela s’ajoutent 100 millions d'euros pour l’installation de centres de maintenance à Sotteville-lès-Rouen et à Caen et la création de 100 à 150 emplois. Un investissement de taille et une mise en oeuvre rapide qu’a tenu à souligner Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF : « Réussir une telle démarche en sept mois, ça ne s’était jamais fait. Première région à s’engager dans cette voie, la Normandie disposera, d’ici 2020, de l’ensemble des leviers structurants de la mobilité sur son territoire ».

Des trains fabriqués en France

La fabrication des nouveaux trains régionaux sera réalisée sur le site Bombardier de Valenciennes (Hauts-de-France) qui emploie 2 000 salariés. Une commande qui représente l’équivalent de 14 mois de production et 50% de la charge industrielle du site pendant la phase de production, soit 450 emplois directs. « C’est aussi trois fois plus d’emplois pour les fournisseurs de Bombardier, dont 75% sont français », précise Laurent Bouyer, président de Bombardier Transport France. Parmi ceux-ci, de nombreux sous-traitants normands : Ressorts Masselin (Le Petit-Quevilly, ressorts), Deutsch (Evreux, connecteurs électriques), Eiffel Industrie (Sandouville, usinage), Paulstra (Rouen, suspension secondaire), Seim (Dieppe, peinture poudre), Spiragaine (Saint-Pierre-les-Elbeuf, gaine isolante) ou encore Hypertac (Saint-Aubin-les-Elbeuf, connectique).

Des sièges grand confort fabriqués dans l’Eure

Pour sa part, l’entreprise Compin (Evreux) conçoit et fabrique les sièges de première et seconde classe des nouvelles rames Omneo premium Normandie. Un contrat estimé à 12 M€ pour le groupe normand dont le P-dg, Pierre Sainfort, promet qu’il va créer de l’emploi : « C’est un gros contrat pour nous, une charge sur trois ans qui va amener de nouveaux emplois. Ce contrat est l’un des quatre principaux de Compin dans les trois ans ». L’entreprise en plein développement à l’export a récemment signé un contrat en Belgique pour les nouveaux trains du programme M7, ainsi qu’un contrat en Angleterre auprès d’Hitachi.

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