Carburant : les filières de la pêche et du transport insatisfaites des mesures annoncées par le gouvernement
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Carburant : les filières de la pêche et du transport insatisfaites des mesures annoncées par le gouvernement

Face à la hausse du prix du carburant provoquée par la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé trois mesures principales pour aider les secteurs du transport et de la pêche. Mais ces annonces ne sont pas à la hauteur pour les filières.

Dans la filière pêche, le carburant représente le premier poste de dépense pour les navires — Photo : Nathalie Papouin/OTDN

Les filières des transports et de la pêche vont bénéficier de mesures d’accompagnement face à la hausse des prix du carburant, annonce le ministère de la Transition écologique le 23 mars. Elles sont en effet directement touchées par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage de 20 % du pétrole mondial. Le prix du gasoil a bondi de 30 % à la cuve depuis le début du conflit, selon l’Union des transports et de la logistique de France.

Des reports d’échéances et un prêt de Bpifrance

Les deux secteurs sont visés par les mêmes types de mesures, à savoir un report de cotisations sociales, un étalement des échéances fiscales et la mise en place de prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance.

Le report des cotisations sociales consistera en un délai de paiement sans frais ni majoration et sera accordé aux entreprises qui en font la demande à l’Urssaf. L’étalement des échéances fiscales se fait également à la demande des sociétés. Et la mise en place de prêts par Bpifrance doit concerner la trésorerie des TPE du transport et des entreprises de la pêche.

La filière pêche sous pression

Cet accompagnement doit permettre de réduire la pression sur la filière pêche, pour qui le gasoil est le premier poste de dépense. Mais pour le secteur, ces annonces sont des "mesurettes" alors que des navires pourraient rester à quai.

L’Association nationale des organisations de producteurs et l’Union des armateurs à la pêche de France veulent plus. Les deux organisations demandent la mise en place d’une aide carburant indexée sur le nombre de litres consommés. Elles plaident aussi pour un dispositif exceptionnel qui permettrait de couvrir la rémunération des marins dont les navires sont forcés de rester à quai.

Les transporteurs attendent davantage

Dans les transports, si l’Union des transports et de la logistique de France (UTLF) a salué les annonces du gouvernement, l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (Otre) a fait part sa "profonde incompréhension".

Les transporteurs routiers craignent une hausse des défaillances d’entreprises — Photo : Natalia Bratslavsky

Selon cette organisation professionnelle, les mesures annoncées ne sont pas à la hauteur des enjeux et sont insuffisantes face à l’importance de la crise. Les dispositifs ne "permettent pas de compenser la hausse brutale des coûts d’exploitation et conduisent à faire porter sur les entreprises l’essentiel du choc, y compris au prix d’un endettement supplémentaire".

Ailleurs en Europe, des mesures ciblées sur le prix du carburant

Comme la filière pêche, l’Otre cite les aides mises en place par d’autres pays européens comme l’Italie et l’Espagne et leur remise ciblée sur le prix du carburant. L’Italie a ainsi réduit le prix du carburant de 25 centimes par litre et l’Espagne a annoncé des réductions allant jusqu’à 30 centimes.

Mais, en France, le gouvernement serre la vis de la dépense publique alors que le déficit doit être ramené à 5 %. Interrogée sur Franceinfo le 24 mars, Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a affirmé que "nous n’avons plus les moyens du quoi qu’il en coûte" tel qu’il a été appliqué lors de la crise sanitaire de 2020.

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