Fédération du BTP Isère : Prôner le local
# Industrie # Ressources humaines

Fédération du BTP Isère : Prôner le local

Pour aider les entreprises fragilisées à sortir de la crise, la Fédération du Bâtiment et des travaux publics Isère propose des pistes. Elle insiste notamment sur les possibilités de développement en local, et en appelle à la responsabilité des collectivités lors des appels d'offres.

«Le BTP n'est pas délocalisable, et les entreprises font vivre l'économie locale.» Pierre Streiff, président de la Fédération BTP Isère, voudrait que les collectivités soient bien conscientes de leur interdépendance avec les PME du secteur. «Il y a un frémissement de reprise d'activités, mais qui intervient après deux années très difficiles durant lesquelles les entreprises ont vécu sur leur carnet de commande. Et l'on voit des réponses à des appels d'offres d'entreprises lointaines et à prix cassés qui vont déstabiliser tous les corps d'état. C'est aux donneurs d'ordre de ces appels d'offres d'avoir le courage de choisir des entreprises locales.» Le président admet que la concurrence doit être ouverte. «Mais en temps de crise, les maîtres d'ouvrage public ne doivent pas toujours choisir le moins disant. Certaines villes ou bassins géographiques protègent leurs entreprises locales. Ça ne se fait pas trop en Isère...»




Construction de logements

La crise n'est pas encore terminée dans le BTP, selon le président, même si la construction de logements est repartie à la hausse. Ainsi, l'Insee Rhône-Alpes relevait en janvier dernier une augmentation de 5,4% des mises en chantier de logements (en données cumulées sur douze mois), faisant suite à une hausse de 7,2% en décembre2010. «Mais elle ne concerne pas toutes les entreprises du BTP», souligne Pierre Streiff. Les pertes d'emplois sont toutefois restées limitées en Isère. On comptait au troisième trimestre 2010, 28.461 emplois salariés en Isère, en baisse de 1,1% sur un an, et de 3,2% sur deux ans. Sur la même période, il y avait 2.693 emplois intérimaires équivalents temps plein, en hausse de 16,4% sur un an, et de 2,3% sur deux ans. Les demandeurs d'emploi BTP étaient 4.291 fin 2010, en baisse de 2,5% sur un an, mais en hausse de 38,3% sur deux ans.




Coût des matières premières

Le secteur doit également faire face à la hausse du coût de certaines matières premières. Des produits de base comme le cuivre et l'acier augmentent avec des fluctuations importantes. «Certains corps d'état techniques réussissent à atténuer les coûts en trouvant des produits plus petits et moins chers à fabriquer. Cette optimisation permet de maintenir les prix...» Mais ce n'est pas possible dans tous les cas. En avril, les profilés en tôle ont augmenté de 25%, passant le prix de 6€ le mètre carré en 2010 à 9€ en 2011. «On ne peut pas le répercuter sur les devis. Et sur les marchés publics, les taux de réactualisation sont trop lents. On en est toujours de notre poche. D'autant plus avec la hausse du prix du pétrole. Il y a un effet de double cisaille qui risque de faire des dégâts.» La Fédération voudrait donc «introduire des indices de révision de prix dans les contrats pour coller aux réalités du marché.» D'autant plus que certaines entreprises doivent faire face à des difficultés de trésorerie. «La loi LME nous demande de payer nos fournisseurs à 50 jours. Et les fournisseurs nationaux sont draconiens là-dessus: aucun retard, même minime n'est autorisé. Or dans le BTP, nous avons des délais cachés et des clients qui ne paient qu'à 60 ou 90 jours...»




Formation et apprentissage

Pour pallier certaines difficultés du secteur, la Fédération a décidé de mettre en place des formations sur les nouvelles techniques, relatives notamment aux performances énergétiques. Pierre Streiff insiste également sur l'importance de l'apprentissage, qui «permet la transmission. On dénombre 2.200 apprentis en BTP sur l'Isère. Nous avons besoin d'entreprises en bonne santé pour les accueillir. L'apprentissage se développe du CAP au bac +5. Un apprenti qui ne reste pas dans la société qui l'accueille, c'est un échec. Nous avons intérêts à les garder.» Les jeunes en formation restent attirés par les métiers du BTP car «les bâtiments deviennent "intelligents", avec de l'ingénierie et de nouveaux métiers qui apparaissent. Le BTP offre un panel d'emplois et de l'humain! Les trois quarts des jeunes qui travaillent dans le BTP le font par choix, pas par dépit!» Mais certains métiers manquent encore de main-d'oeuvre, comme les carreleurs. Un groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification a d'ailleurs été créé pour trouver et former du personnel local. On y retrouve des sociétés innovantes comme Vêpres, qui construit des salles blanches, ou plus traditionnelles comme Ciolfi (revêtement de sols) ou la Miroiterie de Chartreuse.

Fédération BTP Isère



629 entreprises adhérentes (sur 4.200 entreprises iséroises)


www.fbtpisere.fr

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