Côtes-d'Armor
Face à la crise, Coopalis va développer son volet "promotion"
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Face à la crise, Coopalis va développer son volet "promotion"

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La coopérative Coopalis, dont le siège se situe à Saint-Brieuc, est spécialisée dans la construction neuve depuis 1951. Après deux années difficiles, elle pense retrouver une stabilité en développant ses activités autour de la promotion.

Hervé Vigueur, directeur commercial de Coopalis, a dû faire évoluer la stratégie de l’entreprise — Photo : Néréa Brouard

Coopalis, société coopérative SA à conseil d’administration, est implantée depuis 1951 à Saint-Brieuc. Lotisseur, promoteur et constructeur de maisons individuelles, elle produit autour de 120 logements par an. Pour son directeur commercial, Hervé Vigueur, "la crise de l’immobilier neuf est une réalité. 2022 et 2023 ont été deux années très difficiles entre l’après Covid, la rupture et l’augmentation des prix des matériaux. Mais nous avons fait face et avons honoré nos engagements. Malgré des marges une fois et demie plus faibles et l’impact des indemnités de retard de livraison. Autour de nous, de nombreux chantiers ont été stoppés et de grandes entreprises ont mis la clé sous la porte."

Nouvelle stratégie

"Pour sortir la tête de l’eau", la coopérative a revu sa stratégie. "Nous allons réduire la voilure sur les lotissements. La rénovation urbaine a été un temps évoquée mais c’est beaucoup trop cher. Nous avons donc décidé de développer la promotion." Et les projets continuent à sortir de terre. Dix-sept appartements tous commercialisés à Saint-Brieuc, une autre opération dans cette même ville au deuxième semestre, une troisième à Trémuson. "Et une grosse opération à Langueux en fin d’année. Ainsi que d’autres à Louannec, Saint-Quay-Perros, Trédrez, Montauban-de-Bretagne ou Pleurtuit et quelques lotissements."

Les prix de vente ont bien sûr été revus. "La conjoncture reste toutefois difficile. Nous avons déjà connu des crises financières mais, là, on a un peu tout en même temps : les matériaux, les taux bancaires qui sont passés de 1 % à presque 5 % et le manque d’artisans. Trouver un couvreur par exemple est presque devenu mission impossible." Et ce alors que Coopalis a l’habitude de travailler en réseau avec les mêmes artisans locaux depuis toujours. "Par souci de qualité et dans une relation de confiance réciproque."

Marges plus faibles

L’augmentation des taux est également impactante. "Un foyer avec un revenu mensuel de 3 000 € avait auparavant une capacité d’emprunt de 270 000 €. Aujourd’hui, c’est 100 000 € de moins. Et il n’y a plus le prêt à taux 0. Les clients n’envisagent plus de quatrième chambre, prévoient un carport plutôt qu’un garage et de s’occuper eux-mêmes des peintures, de la pelouse ou d’une terrasse." Car, pendant ce temps-là, les salaires n’ont eux pas augmenté. "Pour autant, Hervé Vigueur estime que "le marché ne se porte pas si mal. Même s’il demande des adaptations. Nous espérons que le plus dur est derrière nous."

Coopalis a publié un chiffre d’affaires de 16,6 millions d'euros en 2022. "Nos marges, en raison de notre statut de coopérative, sont beaucoup plus faibles que chez des entreprises privées. Notre spécificité est aussi la vente en PSLA (Prêt social location-accession). Ce dispositif, sous conditions de ressources, exonère de taxes foncières pendant 15 ans et profite d’une TVA à 5,5 %."

La société compte 27 collaborateurs et trois agences à Saint-Brieuc, Lannion et Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). À sa tête depuis 2000, se trouve Bruno Fiévet, directeur général.

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