Face à un environnement économique contraint, les TPE, PME et ETI connaissent un ralentissement de leur activité. Deux enquêtes de Bpifrance Le Lab, l’une sur la période du 1er semestre 2024 pour les TPE et PME et l’autre sur l’année 2024 pour les ETI, révèlent une activité en demi-teinte.
Pour les TPE et PME, le solde d’opinion sur l’évolution du chiffre d’affaires est en baisse de 10 points sur un an, et s’établit sous sa moyenne de long terme. Les secteurs des transports, du commerce et de la construction anticipent un recul de leur chiffre d’affaires en 2024. Côté ETI, les dirigeants anticipent un ralentissement des embauches alors que les perspectives de demande sont dégradées.
Les problématiques rencontrées par les ETI évoluent. Si les contraintes d’offre et de recrutement sont en baisse, celles liées à la demande insuffisante augmentent avec 42 % des ETI qui sont touchées. Les ETI de l’industrie et de la construction seraient "particulièrement concernées par ce ralentissement" selon Bpifrance mais l’activité résisterait dans les services.
Les investissements verts au ralenti dans les PME
"Les investissements verts pâtiraient du contexte conjoncturel peu favorable mais il y a toujours une volonté d’aller de l’avant et de continuer à préparer l’avenir de leur productivité, de leur compétitivité", explique Baptiste Thornary, responsable du Pôle évaluation-conjoncture-macroéconomie de Bpifrance.
Une ETI sur trois prévoit d’augmenter ses investissements verts en 2024 et 63 % de les maintenir. Ces entreprises concentrent notamment leurs efforts sur l’achat d’équipement de productions plus performants et le renouvellement du parc automobile.
"Les PME n’anticipent pas de changement de tendance mais la poursuite du ralentissement perçu dans les résultats précédents", Baptiste Thornary
Les TPE et PME ont elles aussi ciblé leurs investissements durables sur les véhicules électriques. Mais alors qu’en 2023, 28 % des TPE et PME ont réalisé des investissements verts, cette proportion baisse de 7 points sur un an (-14 points sur deux ans). "Interrogées sur leurs intentions au-delà de 2024, seules 26 % prévoient d’en réaliser", ajoute Bpifrance.
Des perspectives 2025 variables
Selon Baptiste Thornary, "le rebond se fait attendre". "L’environnement macroéconomique contraint l’activité des entreprises et pèse sur leur perspective d’investissement mais des points de force et de résilience font que nous pouvons encore espérer un enchaînement macroéconomique favorable au prochain trimestre", anticipe-t-il.
Interrogées sur des projections pour 2025, "les PME n’anticipent pas de changement de tendance mais la poursuite du ralentissement de l’activité globale perçu dans les résultats précédents", ajoute Baptiste Thornary. Les PME de plus grande taille ont cependant davantage de confiance dans l’avenir.