Quelle a été votre participation à la conception du moteur MCE-5? Ce sont dix années de développement scientifique et technique. Nous avons participé à lancer le projet. Avec l'entreprise MCE-5, il a fallu construire le premier programme de R & D pour démontrer la faisabilité technologique du taux de compression variable. À l'époque, en 2000, rien n'était sûr. MCE-5 a réalisé le premier prototype sur les bancs d'essais du Certam en 2002. Puis, le consortium s'est élargi et nous sommes entrés dans l'entreprise MCE-5 pour réaliser un 4 cylindres. Il y a eu des étapes de validation des pièces mécaniques qui ont évolué avec les besoins mais dans un objectif de toujours moins de consommation de carburant et plus de fiabilité. Ceci jusqu'à atteindre les prestations capables de nous faire passer au 4 cylindres et de réaliser un véhicule, grâce aux programmes Flower, un et deux, menés avec le pôle Mov'eo.
La prochaine étape est celle de la commercialisation du MCE-5. Comment l'envisagez-vous?
Des contacts ont été pris avec la plupart des constructeurs mondiaux mais on entre juste dans cette phase de commercialisation qui sera longue. Le travail maintenant, c'est de faire la démonstration aux constructeurs que le moteur fonctionne: il va falloir convaincre, réaliser des études technico-économiques... Après, on entre dans le process industriel du constructeur. On pense qu'il faudra encore compter de six à sept ans avant de trouver le moteur MCE-5 dans nos voitures.
Quels sont à présent les chantiers du Certam? Nous avons joué notre rôle avec le MCE-5. Maintenant, nous allons prendre du recul et travailler sur d'autres technologies complémentaires dans notre domaine et toujours sur la réduction des gaz à effet de serre, sur les polluants... Nous avons déjà plusieurs chantiers en route, notamment dans le cadre du groupement d'intérêts Everest qui comprend huit entreprises, dont plusieurs au technopôle du Madrillet. Cela va nous permettre d'aller chercher de nouveaux marchés et de proposer une offre globale qui va de la conception à la réalisation, et toujours dans le domaine automobile.
Entretien S.C
Directeur du centre d'étude et de recherche technologique en aérothermique et moteur (CERTAM) à Saint-Étienne du Rouvray, Frédéric Dionnet savoure, avec le moteur MCE-5, un véritable aboutissement scientifique et technique.