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Extratex se développe sur l’extraction de matières premières en sous-traitance à échelle industrielle
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Extratex se développe sur l’extraction de matières premières en sous-traitance à échelle industrielle

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Après avoir investi près d’un million d’euros et poussé les murs pour s’offrir une machine d’extraction de matières premières de 400 litres, Extratex espère progresser dans son activité de sous-traitance. Spécialiste de l’extraction supercritique, le lorrain travaille en parallèle sur l’obtention de certifications et sur l’utilisation de nouveaux solvants pour gravir l’échelon supérieur.

Gonzague Choppe est le cofondateur et PDG d’Extratex — Photo : Extratex

À Pont-Saint-Vincent, en Meurthe-et-Moselle, Extratex a poussé en 2024 les murs de son atelier afin d’installer une nouvelle machine, dotée d’un réservoir de 400 litres. Le dispositif a permis à l’entreprise d’accélérer son activité de sous-traitance, en proposant à ses clients d’extraire pour eux des matières premières à l’aide des fluides supercritiques, la spécialité d’Extratex (15 salariés ; CA : 4 M€).

Concrètement, la SCOP (Société coopérative et participative) lorraine utilise le CO2 dans un état supercritique, afin d’extraire des composés, permettant par exemple de créer des arômes pour l’industrie agroalimentaire. La PME met également sa machine au service de clients des secteurs de la cosmétique, de la pharmacie et du recyclage plastique. Chauffé à plus de 30 °C et soumis à une pression de plus de 73 bars, le CO2 peut en effet être utilisé pour extraire certains composants. Tout en préservant l’intégrité du matériau.

"Sur la partie production, nous avons connu une belle croissance. Les contrats de sous-traitance prennent de plus en plus d’ampleur", observe Gonzague Choppe, cofondateur et dirigeant d’Extratex. En parallèle de ses activités de sous-traitance, Extratex est spécialisée dans la fabrication d’équipements supercritiques et effectue de la R & D afin d’accompagner ses clients sur le développement de nouveaux procédés et produits, et d’effectuer des études de faisabilité.

Extratex est une SCOP basée à Pont-Saint-Vincent, en Meurthe-et-Moselle — Photo : Extratex

Une augmentation de capacité en discussion

"Nous avons souhaité développer la partie sous-traitance dans un souci de diversifier nos activités", lance Gonzague Choppe. Fabriquée par Extratex, la nouvelle machine représente un coût de près d’un million d’euros. Cet investissement est accompagné par un prêt innovation accordé par Bpifrance, dont le montant n’est pas communiqué. Et par une aide du Feder (Fonds européen de développement régional) s’élevant à 150 000 euros.
Installée sur 1 000 m², l'entreprise a engagé une extension de ses locaux de 750 m² supplémentaires pour s’offrir ce nouvel équipement. L’extension accueille également des bureaux consacrés à la R & D ainsi qu’une zone de stockage. Le nouveau bâtiment a été réceptionné en 2024, permettant une mise en route de la nouvelle machine à l’été 2024. L’investissement engagé pour cette opération n’est pas communiqué.

"Ces dernières années, nous avons observé un frein sur les investissements"

Par la suite, Extratex ne s’interdit pas une augmentation de capacité de sa machine, pour accompagner cette accélération. "C’est en discussion", précise le dirigeant. Concrètement, la Scop n’ajouterait pas une nouvelle machine mais pourrait améliorer l’existante pour pouvoir répondre à un plus grand nombre de commandes. "Ces dernières années, nous avons observé un frein sur les investissements en grosses machines par les entreprises. Par contre, la sous-traitance et la R & D évoluent rapidement", commente Gonzague Choppe.

L’entreprise a réceptionné en 2024 l’extension de ses locaux — Photo : Extratex

Décrocher de nouvelles certifications

Pour décrocher de nouveaux contrats de sous-traitance, notamment avec de grands groupes du secteur agroalimentaire, Extratex vise en 2026 l’obtention de la certification ISO 22 000, qui intègre les principes de la méthode internationale HACCP, un système de management de la sécurité sanitaire des aliments. Actuellement, l’entreprise a principalement pour clients des PME.

La PME travaille principalement pour des clients opérant dans l’agroalimentaire, la cosmétique, la pharmacie ou encore le recyclage — Photo : Yohann Veronese

Développer d’autres solvants

Actuellement, Extratex travaille uniquement avec du CO2, pour extraire les matières premières. D’ici 2026-2027, la PME espère en effet pouvoir travailler avec de l’eau subcritique, c’est-à-dire maintenue à l’état liquide à une température élevée, et de l’eau supercritique, qui est chauffée au-delà de sa température critique, ce qui lui donne des propriétés intermédiaires entre les liquides et les gaz, comme le CO2 supercritique.

Extratex compte 15 salariés, pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros — Photo : Extratex

L’eau supercritique permettrait en effet à l’entreprise d’avancer dans le recyclage des déchets organiques notamment, tandis que l’eau subcritique serait plutôt destinée aux secteurs agroalimentaire et cosmétique.

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