Surprise en fin d’année 2025 : les exportations de biens et services ont, pour la première fois depuis dix ans, dépassé les importations à hauteur de 5,4 milliards d’euros. Un chiffre qui semble trouver sa traduction dans les activités des Conseillers du commerce extérieur (CCE). Ce réseau de dirigeants accompagne, bénévolement, 800 entreprises chaque année qui veulent lancer ou accroître leur activité à l’étranger. "Depuis deux ans, nous avons constaté que davantage d’entreprises françaises vont à l’export", commente Emmanuel Montanié, directeur général des CCE.
L’Allemagne première destination des exportateurs
Les CCE observent aussi un "retour vers l’Europe". Les entreprises "redécouvrent que le marché européen reste le premier marché d’exportation pour les entreprises françaises, qu’il est fiable et avec des délais de paiement respectés", ajoute Emmanuel Montanié. Sur les 10 premiers partenaires économiques de la France, 8 sont européens. L’Allemagne reste le premier client (81,5 Md€ d'exportations en 2025) et le premier fournisseur (86,8 Md€) de la France loin devant la Chine et les États-Unis. Le solde commercial de la France avec l’UE s’est amélioré de 11 Md€ en 2025, même s'il reste négatif à -23,4Md€.
Dans leurs contacts avec les entreprises, les CCE recommandent d’ailleurs de se lancer en premier lieu dans l’export à l’échelle européenne. "Pour une entreprise qui commence à exporter ou le fait seulement depuis peu, il est judicieux de se tourner d’abord vers l’Europe en profitant d'un climat des affaires favorable et à la monnaie unique", explique Jean-Jacques Santini, vice-président des CCE.
Un constat partagé par les résultats du dernier baromètre export de Bpifrance-Le Lab. Selon ce sondage, l’UE confirme sa position de débouché prioritaire pour les TPE-PME exportatrices. 86 % comptent y exporter en 2026, contre 83 % l’année précédente.
Vers une amélioration durable du commerce extérieur ?
Cette tendance s'inscrit dans une amélioration du commerce extérieur qui reste cependant assez hétérogène selon les secteurs. L’inversion de la tendance entre exportations et importations fin 2025 s’explique en grande partie par la balance des produits énergétiques qui s’est équilibrée. La facture énergétique, qui représente toujours le premier déficit sectoriel, s’est réduite de 11,2 milliards d’euros en 2025 par rapport 2024, atteignant 44,2 milliards d’euros. "On peut penser que ce boulet énergétique va se réduire encore en 2026 et 2027 notamment parce qu’on électrifie les usages", commente Jean-Jacques Santini.
Mais dans d’autres secteurs, des inquiétudes émergent. C’est notamment le cas dans l’agroalimentaire ou encore dans la santé. Selon le vice-président des CCE, "la question des droits de douane avec les États-Unis et la Chine va rester d’actualité, ce qui est une source d’inquiétude pour l’avenir". Au 4e trimestre 2025, les exportations françaises vers les États-Unis ont en effet accusé une baisse de 13 %.