François Hollande va avoir fort à faire pour séduire les dirigeants de TPE et PME ainsi que leurs cadres : 73 % de ces derniers ne lui font en effet pas confiance pour relancer l’économie française selon une enquête dévoilée aujourd’hui par Le Journal des Entreprises et TMO Régions.
Plus qu’un problème de personne, ce désaveu est surtout expliqué par un jugement sans appel du programme économique du futur président. Pour 78 % des dirigeants et cadres exprimant un manque de confiance, ce dernier est alimenté par une opinion négative sur les programmes et actions déroulés par François Hollande lors de la campagne, bien loin devant la personnalité du leader socialiste (7 %) ou le manque de foi dans la capacité des hommes politiques – qu’ils soient de gauche ou de droite – à bousculer le système (12 %).
« Cet électorat, marqué à droite, a d’abord une posture idéologique à l’égard du nouveau président, plutôt qu’un avis économique », note Jacques Bonneau, directeur associé de TMO Régions. Une défiance à mettre toutefois en parallèle du bilan négatif de Nicolas Sarkozy auprès des dirigeants de PME, établi en décembre 2011 lors d’une précédente enquête Le Journal des entreprises-TMO Régions : 53 % d’entre eux jugeaient alors négativement le bilan économique de Nicolas Sarkozy.
Au final, 79 % des dirigeants et des cadres pensent que François Hollande ne pourra pas aider le pays à sortir de la dette, 74 % qu’il ne pourra pas rétablir l’équilibre des finances publiques. Ils sont également 74 % à croire que le prochain président ne jugulera pas le chômage, pendant que 69 % estiment qu’il ne contribuera pas à améliorer les conditions d’existence des PME hexagonales.
Le moral des entrepreneurs en forte chute
Sur les grandes mesures économiques annoncées par le nouveau président, le jugement des dirigeants de PME est plus modéré : le contrat de génération, le livret épargne industrie, la création d’une banque publique d’investissement et la modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de l’investissement obtienne plus d’opinions positives que négatives. A l’inverse, 60 % des dirigeants anticipent un impact négatif de la retraite à 60 ans pour les travailleurs ayant commencé à travailler avant 18 ans et ayant cotisé 41 annuités. Ils chargent également le projet de taxation à 75 % des revenus dépassant le million d’euros, dont 66 % des dirigeants attendent un impact négatif.
Dans ce contexte de changement de pouvoir et de fragilité de l’économie européenne, le moral des dirigeants et cadres de PME s’effondre : 44 % sont désormais pessimiste sur le niveau d’activité de leur entreprise pour les six mois à venir, contre 34 % en février.
Enquête en ligne auprès de 1021 dirigeants et cadres d’entreprise du 9 au 11 mai 2012. L'enquête a été réalisée sur la base du panel de dirigeants du Journal des Entreprises. Ce panel étant le reflet des implantations locales du Journal des entreprises, les personnes répondant à l'enquête sont en responsabilité dans 10 des 22 régions françaises (pour 95% d'entre eux).
