EuraÉnergie : « Je donne rendez-vous aux industriels pour des projets à construire ensemble »
# Création d'entreprise

EuraÉnergie : « Je donne rendez-vous aux industriels pour des projets à construire ensemble »

À Dunkerque, le site d'excellence Euraénergie est officiellement lancé. Jean Gravellier, directeur général du pôle régional énergie 2020, revient sur les ambitions de cette filière des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Interview.

Jean Gravellier, quelles sont les ambitions du site naissant Euraénergie de Dunkerque après son inauguration officielle à l'occasion des Assises Européennes de la Transition Energétique, fin janvier ?
Le site Euraénergie est une incarnation locale du pôle Énergie 2020 qui s'axera autour d'un volet entreprises, d'un autre pour la formation et enfin d'un centre technique. Selon moi, le campus formation sera la première des réalisations, le démarrage est attendu pour septembre 2016. Deux diplômes sont déjà prévus : un Master spécialisé en gestion des énergies nouvelles avec l'Ensam et une Licence pro en maintenance des installations énergétiques avec l'Ulco. Il fonctionnera sur le principe de l'école-usine et s'appuiera sur les industriels dunkerquois pour les diplômes déjà existants. Une société sera créée dans le courant de l'année avec d'abord 2 ou 3 salariés. Le Môle 2, à Dunkerque, a d'ailleurs été évoqué pour héberger le site.

Le site abritera, à terme, un incubateur pour les entreprises... À l'image d'Euratechnologies ou d'Eurasanté ?
L'offre immobilière et foncière n'est pas prête encore, c'est une affaire de plusieurs années avant la mise en place d'un incubateur ou d'un accélérateur. C'est une ambition affirmée mais il faut prendre le temps d'avancer pas à pas. Les circuits courts entre entreprises y seront encore plus facilités. Il y a une simplicité à faire du business ici du fait de ces circuits courts justement. Tous les fluides énergétiques sont présents sur le territoire, il y a de quoi créer une alliance pour répondre aux questions de passerelle entre ces différents fluides comme le stockage. C'est un bon terreau pour des démonstrateurs.

Des entreprises régionales ont-elles déjà montré un intérêt pour le centre technique ?
Le CEA Tech (ndlr, accélérateur d'innovation au service de l'industrie) a déjà manifesté son intérêt, il pourrait bénéficier d'un showroom au sein du centre technique. Terraotherme, spécialiste des échanges thermiques, est aussi intéressé par les services dédiés. Les PME pourraient y bénéficier de bancs d'essai pour tester de nouveaux composants dans le domaine des gaz ou du traitement des fumées par exemple. Un travail autour de la boucle du froid permettrait de booster l'activité d'Innocold aussi. Il est aussi prévu d'effectuer des tests machines, comme des moteurs électriques pour éoliennes, avec comme possibilité de réserver une puissance électrique prête à l'emploi pour les entreprises, ce qui leur épargnerait bon nombre de tracas administratifs. Mais pour tout ça, nous en sommes encore au stade de projet. Les entreprises, elles, sont demandeuses d'une visibilité et d'un lieu où tester les nouvelles solutions pour demain.

Quarante entreprises et structures ont d'ores et déjà adhéré aux ambitions du site. Et maintenant ?
Ces entreprises ont signé une lettre d'intérêt, c'est un acte symbolique. Je donne dorénavant rendez-vous aux industriels pour des projets à construire ensemble. Nous devons chercher du côté des financements européens pour ce faire. J'aimerais aussi que des poids lourds comme Air Liquide, EDF ou ENGIE soient prêts à chapeauter des start-up locales qui ont la culture de la grande industrie. Les grands groupes sont comme des paquebots, il leur est difficile de faire de grands virages d'innovation alors que ça reste plus facile pour une start-up. Les deux ont un intérêt à travailler ensemble.

# Création d'entreprise