Un an et demi après le lancement de la charte et du label Ethibat, signée par 220 entreprises locales de la fédération française du bâtiment et des travaux publics FBTP 31, un nouvel outil s’ajoute au dispositif : Ethibat Fournisseurs. L’objectif : veiller au respect des bonnes pratiques par les entreprises de construction, clientes des fournisseur. Autrement dit, les signataires de la convention s’engagent à ne pas faire affaire avec des clients ne répondant pas aux exigences éthiques définies dans la charte d' Ethibat. Comment contrôler ces entreprises travaillant dans l’illégalité ? Les fournisseurs s’engagent à vérifier si l’entreprise dispose d’une garantie d’assurance décennale, à analyser les rapports entre chiffre d’affaires et effectifs, à vérifier le niveau d’encadrement des équipes (y compris pour l’emploi en interim), à veiller à la bonne utilisation du recours à la délégation de paiement.
Dans le secteur du bâtiment, les fournisseurs servent leur clients constructeurs dans quatre principaux métiers : le béton, l’armature, le négoce, la location ( bungalows, grues,etc.). 17 entreprises locales sont signataires de la convention. Elles représentent 60 % du marché global de la fourniture au niveau régional. Celui-ci génère un chiffre d’affaires global de 1,5 milliards d'euros. CCL, BigMat, Cemex, Chausson Matériaux, Lafarge, et Prefabos font partie des signataires.
« Une action de filière »
« Ethibat est une action de filière. Pour bloquer les entreprises qui ne suivent pas les règles, il faut agir en amont, aux côtés de l’inspection du travail » explique Frédéric Carré, président de la FBTP de Haute-Garonne, lors du lancement de la convention. « Avec l’ engagement de tous, cela va devenir compliqué pour une entreprise dans l’illégalité de travailler ici », prévoit-il. Frédéric Carré se félicite par ailleurs de la propagation du modèle Ethibat qui a fait ses petits dans le Tarn-et-Garonne, le Gers et le Tarn.
Contexte noir sur l’illégalité
La FBTP de Haute-Garonne compte 600 adhérents (avec un fort taux de représentativité autour de 30%) , soit 1 200 salariés dans le bâtiment et les travaux publics. 80% des adhérents sont des entreprises artisanales de moins de 20 salariés. « Depuis 2008, nous avons perdu 20 % de volume d’affaires. C’est énorme », observe le président de la fédération qui chiffre aussi la perte d’emplois à 5 000 dans le département et une baisse de 30% du nombre d’apprentis dans le secteur. Selon lui, en plus de la difficulté du contexte économique, la concurrence déloyale explique ces chiffres. Pour ce qui est des carnets de commande à venir, sa vision est plutôt positive, grâce notamment aux programmes de chantiers à venir annoncés par Toulouse Métropole et au plan Marshall pour l'emploi lnnoncé par Carole Delga, présidente de la région Occitanie.