ERAI : Les élus régionaux rejettent le plan de sauvetage

ERAI : Les élus régionaux rejettent le plan de sauvetage

Ultime tentative de l'exécutif régional pour sauver quelques pans d'Erai, la proposition de reprise par l'ARDI a été formellement repoussée par une majorité d'élus régionaux réunis ce lundi 18 mai en Assemblée pleinière. Une décision qui signe probablement la fin d'ERAI.

"C'est un immense gâchis mais cette fois, j'ai épuisé toutes mes ressources, je ne peux plus rien faire". Jean-Louis Gagnaire, vice-président de la Région Rhône-Alpes en charge des affaires économiques, est dépité. Depuis le début de l'année, ses propositions pour sauver le bras armé de la Région à l'international, ont été balayées les unes après les autres : la fusion avec l'ARDI d'abord, puis son plan de financement d'ERAI, et enfin, le coup final ce lundi 18 mai avec le refus d'une majorité des élus de la Région de verser les 4,7 millions d'euros nécessaires à l'ARDI pour présenter son plan de reprise d'ERAI au tribunal de grande instance de Lyon. Ce plan de reprise devait permettre, selon l'exécutif régional, de sauver 143 emplois (sur 214) et de préserver les missions de service public de l'organisation. Six implantations devaient être conservées. Les groupes EELV et UDC, menées respectivement sur ce dossier par Jean-Charles Kolhaas et Jérémy Thien, n'ont pas été convaincus et ont réitéré leur défiance envers ERAI, déjà exprimée le 6 mars dernier, par le refus de voter les subventions de fonctionnement de l'association. "Depuis le début du mandat, la Région a injecté 40 millions d'euros dans ERAI. Cela suffit ! Ce sont les Rhônalpins qui paient", s'est indigné Jean-Charles Kolhaas. " Nous manquons d'une stratégie claire et d'un business plan sur les trois prochaines années. Dans ces conditions, il ne nous ait pas possible d'être favorables à une reprise par l'ARDI" . Jean-Charles Kolhaas a même pointé " le manque d'ambition de cette proposition". Jérémy Thien a surenchéri : "Vous nous demandez de signer un chèque en blanc, de payer pour voir. C'est hors de question". L'élu UDC a même interpelé directement le président de la Région, Jean-Jack Queyranne : "Le responsable de cette dérive, c'est vous monsieur le président. Pourquoi avoir couvert cette mauvaise gestion?" Après quatre heures de débat, deux tiers des élus ont finalement rejeté le plan de financement de l'ARDI nécessaire à la proposition de reprise d'ERAI par l'ARDI. Un vote qui signe probablement la fin de l'association. "Il n'y a pas d'offre alternative. Peut-être la reprise de quelques implantations mais c'est tout. Erai, c'est terminé désormais. Nous allons maintenant faire le peu que nous pouvons, c'est-à-dire rapatrier très vite les salariés implantés sur des pays à risque; notamment Dubai, l'Inde, la Turquie. Dans ces pays, le fait de ne pas honorer les dettes ou simplement les charges sur salaires peut valoir confiscation ds passeports et même de la prison", s'inquiète Jean-Louis Gagnaire. La Région Rhône-Alpes n'aura donc désormais plus d'outil d'accompagnement à l'international de ses entreprises. "Nous allons essayer de voir ce qu'on peut faire avec les services, mais ce sera en off. Nous ne ferons rien en année électorale. Il faudra plusieurs années pour reconstruire un tel outil!". Et le vice-président de la Région de conclure : "La signature de Rhône-Alpes est durablement entachée. La confiance avec les partenaires étrangers est longue à construire. Plus personne ne nous fera confiance désormais. C'est une catastrophe". Les offres de reprise doivent être déposées avant le 20 mai. L'audience est fixée au 9 juin.