Sortie de tunnel pour Eovolt. Comme de nombreuses jeunes pousses de la filière du vélo, la marque de vélos électriques pliants (40 salariés ; 9 millions de CA en 2023) a dû faire le dos rond pour traverser la crise qui a secoué le secteur. "La croissance a repris. Nous projetons de réaliser un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros en 2024", annonce Luca Chevallier, cofondateur de l’entreprise, qui a déjà mis 40 000 vélos sur les routes depuis sa création en 2019.
Partenariat avec Motto
Implantée à Genas à l’est de Lyon, Eovolt vient notamment d’expérimenter un nouveau business model en concluant un partenariat commercial avec le spécialiste de l’abonnement au vélo électrique Motto, auquel elle a vendu 10 % de sa production d’avril à juin 2024. Et Eovolt vient d’acquérir 1886 Cycles (100 000 euros de CA), le constructeur de vélos vintage basé à Saint-Etienne. Une entreprise gérée de A à Z par son fondateur qui dessine et assemble lui-même ses créations.
Reprise de 1886 Cycles
L’intégration de la marque stéphanoise permettra des synergies sur l’achat des composants, le partage des savoir-faire de conception et d’assemblage. Et surtout 1886 bénéficiera d’un réseau de vente de 1 000 revendeurs partenaires dans 20 pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Espagne, Italie, Pays Bas, Benelux et Europe de l’Est). 60 % des ventes d’Eovolt sont déjà réalisées à l’export, une stratégie que l’entreprise veut encore renforcer dans un marché très concurrentiel. D’autres projets de rachats seraient à l’étude, avec la volonté de "construire un groupe industriel français du cycle".
Innover en attendant
Autant de projets rendus possibles par la levée de fonds de 16 millions d’euros auprès du fonds à impact Raise, intervenue en septembre 2022, juste avant la crise de la filière en 2023.
Pour faire face, la jeune pousse a ajusté sa stratégie en différant ses investissements de capacité et en continuant d’innover. Son bureau d’études met au point sa gamme "Pro", conçue pour une utilisation polyvalente, vélo taf ou vélo loisirs, avec déjà "3 nouveaux brevets déposés sur des composants", se réjouit Baptiste Fullen, cofondateur d’Eovolt. Tout juste commercialisée, la gamme répond à la demande de certains marchés européens, très friands de vélos plus techniques.
Sauvée par sa niche
La marque lyonnaise de cycles résiste toutefois mieux que d’autres acteurs généralistes aux stocks pléthoriques. Eovolt est positionnée sur un marché de niche, celui du vélo électrique pliant, moins concurrentiel. "Portés par de nouveaux usages comme le vélo taf et l’intermodalité, nos modèles pliants ont très bien résisté, d’autant que notre cible - CSP + et retraités - a été moins impactée par la baisse du pouvoir d’achat" ajoute Luca Chevallier. La branche a plié, avec un repli du chiffre d’affaires, passé de 11 millions à 9 millions d’euros entre 2022 et 2023, mais point rompu… La jeune pousse "a toujours été rentable depuis sa création en 2019", assure-t-il.
Doubler la production d’ici 2027
Dans un contexte de sursaut commercial depuis avril, Eovolt projette d’augmenter sa capacité de production, pour assembler 25 000 unités en 2027 dans son usine de Genas à l’est de Lyon, contre 10 000 aujourd’hui.
Les pièces des cycles Eovolt sont de préférence fabriquées en Europe, voire dans la région comme c’est le cas pour les roues, dont rayons et jantes sont élaborés près de Saint-Etienne par l’entreprise locale Mach1, qui lui fournit également des machines d’assemblage fabriquées à Annecy. "Nous privilégions des sourcings européens, voire français, à condition que l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) des pièces concernées le valide", explique Luca Chevallier, qui envisage également la fabrication d’un cadre en aluminium recyclé au Portugal.