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Milc sprinte vers de nouveaux marchés pour relancer son activité
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Milc sprinte vers de nouveaux marchés pour relancer son activité

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Après une érosion de plus de 10 % des ventes en 2025, le fabricant haut-pyrénéen de vélos et de cadres Milc attend la signature de nouveaux marchés qui lui redonneront une bouffée d’oxygène. Il s’appuie notamment sur un nouveau centre de soudure robotisé, où il a injecté 300 000 euros.

Milc a reconditionné 700 roues en 2025 — Photo : Malbezin Francois

Parmi les divers partenariats salvateurs sur lesquels mise la société haut-pyrénéenne Milc (15 salariés) en 2026, le premier marché emblématique devrait être acté dans le courant de ce printemps avec l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes. Il concerne le renouvellement des fameuses voiturettes bleues du sanctuaire, avec un parc total de 800 véhicules dont les 200 premiers devraient être livrés dès validation du prototype.

"La phase d’étude étant terminée, nous avons rédigé le cahier des charges et travaillons sur la phase du prototypage. Une fois validé, nous pourrons renouveler progressivement l’ensemble du parc", explique Thomas Lecompte, l’un des associés de Milc.

Un autre partenariat prometteur est en cours de négociation avec le fabricant strasbourgeois Vélos Racine, dont un prototype a été finalisé dans l’usine Milc à La Barthe-de-Neste en janvier 2026. Le projet vise à proposer un vélo durable, fabriqué en France et abordable.

Priorité à l’économie circulaire

Parallèlement, Milc développe son activité de reconditionnement pour les flottes de vélos en libre-service. Elle vient de renouveler son partenariat avec l’opérateur de vélos et trottinettes en libre-service Pony. Pour les besoins de la nouvelle version du Double Pony (un vélo-cargo deux places), l’entreprise a reconditionné 700 roues en 2025, avec l’objectif d’en traiter 600 supplémentaires en 2026. "Nous récupérons les moyeux encore fonctionnels et les associons à de nouvelles jantes pour prolonger la vie des composants. Cela s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et de maintenance durable", souligne Thomas Lecompte, qui rajoute que Milc lorgne actuellement du côté d’autres opérateurs.

Le fabricant poursuit également ses collaborations historiques avec deux marques de vélo : Monopole, client suisse depuis 2020 et Galian Cycle, spécialiste du vélo-cargo en aluminium basé à Rennes.

Un renforcement industriel pour se diversifier

Pour soutenir ces développements, Milc a investi 300 000 euros dans un nouveau centre de soudure robotisé, opérationnel depuis fin 2025. Cette installation permet de passer de la petite série à la production de série, renforçant ainsi l’outil industriel actuel avant le lancement éventuel de la nouvelle usine prévue à Lannemezan. Celle-ci devait initialement être opérationnelle en 2030. "La construction de cette usine de 4 000 m² a été décalée pour se concentrer sur le développement des capacités existantes. Nous préférons aujourd’hui renforcer notre savoir-faire historique autour de la soudure, de l’usinage et de l’ajustage, avant d’envisager de nouveaux investissements massifs", justifie le dirigeant.

Un savoir-faire transposable

Enfin, la PME continue sa diversification vers le secteur des produits pour personnes à mobilité réduite en développant des fauteuils roulants et des déambulateurs. "Les savoir-faire que nous avons acquis dans l’industrie du vélo sont transposables vers ces équipements. C’est un secteur porteur sur lequel nous voulons capitaliser", commente Thomas Lecompte. Face à la contraction du marché, Milc mise sur l’innovation, la diversification et le renforcement de l’outil de production pour se positionner comme un acteur de la mobilité légère à l’échelle nationale.

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