Entreprises : Les gagnants et les perdants de l’Euro 2016

Entreprises : Les gagnants et les perdants de l’Euro 2016

Du 10 juin au 10 juillet, les amateurs de football seront à la fête dans les dix villes hôtes de l'Euro 2016. Certaines entreprises le seront aussi. L’Euro 2016 représente de belles perspectives de business et de réseautage avec ses clients même si le prix exorbitant des loges refroidit plus d'une entreprise.

Après ce printemps automnal, ses pluies et ses crues, l’été arrive enfin pour revêtir les couleurs des nations européennes. Du 10 juin au 10 juillet, les amateurs de football seront à la fête dans les dix villes hôtes de la compétition. Certaines entreprises le seront aussi. L’Euro 2016 représente de belles perspectives de business dans le secteur du tourisme, l’événementiel et les services. Pour assurer les prestations nécessaires à la réalisation de l’événement, l’UEFA a en effet eu recours à 58 % d’entreprises françaises : des grands comptes nationaux mais aussi des PME. « Nous avons été approchés par l’UEFA il y a deux ans », raconte le propriétaire du Servotel Saint-Vincent à Nice qui accueillera le staff de l’Euro 2016 pendant toute la compétition, soit entre 60 et 90 personnes par jour. A la clef, un contrat de 300 K€, soit 10 % du chiffre d’affaires annuel.

D’autres mesurent aussi leur chance comme Jean-Pascal Phélippeau, directeur de l’établissement qui va héberger les Suédois à Pornichet dans les Pays de la Loire. « Nous avons la chance d'accueillir Ibrahimovic et l'une des équipes favorites de l'Euro 2016 avec l'Espagne. C'est un beau coup de projecteur sur nos établissements et, plus particulièrement sur celui tout récent des Tourelles. Pour nous, c'est une première étape pour commercialiser le Château des Tourelles auprès de la clientèle suédoise, voire scandinave ».


2,8 milliards d’euros de volume d’affaires

Dans une étude d’impact, le centre de droit de l’économie du sport évalue à 2,8 milliards d’euros le volume d’affaires que devrait générer la manifestation. Au plan national, 94.000 personnes devraient travailler sur l’événement, de façon directe ou indirecte. Rien qu’à Marseille, ville hôte de six matches, 181 millions d’euros de retombées sont attendues. Des chiffres qui laissent à penser que l’Euro 2016 constitue une vraie chance pour l’économie française. Un tableau que nuance toutefois Pierre Rondeau, économiste du sport et professeur d’économie à Paris. « L’Euro 2016 va certes générer de l’argent. Mais il est probable que l’on assiste à un effet de substitution. Si l’événement fait venir des touristes, il en fait fuir d’autres ».

VIP : le coût exorbitant des places en loges

Un autre élément pourrait jouer en défaveur de retombées économiques favorables : les loges packs VIP. Leur prix exorbitant exclu de nombreux acteurs économiques et pas toujours les plus petits. « Notre entité régionale n’a pas les moyens alors on va se contenter de quelques places à l’unité », explique ce directeur régional du Sud-Ouest d’un groupe mondial de plus de 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Pour tous les matches joués à Bordeaux dans une loge bien placé, le prix affiché se monte à 106.000 euros hors taxe. Les prix débutent à 950 euros par personne et par match. Pour un loge, multipliez ce prix par douze. La restauration a beau être signée Robuchon et Hédiard, un bon connaisseur du dossier se dit « effaré par les prix pratiqués ». « L’UEFA n’a pas adapté sa politique tarifaire à la France et pas tenu compte de l’effet attentat », poursuit-il. Selon nos informations, à Bordeaux, les loges n’ont quasiment pas trouvé preneurs.

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