La Délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité entre les femmes et les hommes en a fait depuis deux ans l'une de ses priorités : la promotion de l'entrepreneuriat au féminin ! « Et progressivement, les actions que nous menons portent leurs fruits », estime la déléguée régionale Marion Perrier. Alors pour agir en connaissance de cause, l'État en région soutenu par la Région Haute-Normandie et la Caisse des Dépôts ont mandaté
l'Insee pour réaliser une étude sur « la place des femmes dans le dynamisme économique haut-normand ».
« Des entrepreneurs comme les autres
» Une étude qui situe la Haute-Normandie au 15e rang des régions métropolitaines avec 3,3 % de cheffes d'entreprises parmi les femmes actives (48 % de la population active). Pourtant, avec 31,4 % de femmes parmi les chefs d'entreprises, la région affiche le meilleur ratio en France, même si les femmes créant leur entreprise sont toujours moins nombreuses que leurs homologues masculins. L'Insee indique qu'elles sont aussi plus souvent présentes dans le commerce, les services à la personne et l'hébergement-restauration (64 % des cheffes d'entreprises). Reste que l'entrepreneuriat féminin s'est développé sur les cinq dernières années, souligne l'Insee : +0,8 % entre 2006 et 2011 contre +0,3 % au plan national. Mais ce que ce panorama ne dit pas, ce sont les freins auxquels les femmes qui aspirent à créer leur entreprise sont encore régulièrement confrontées, souligne Marion Perrier : « la société par ses représentations sociales ne renvoie pas une image positive des femmes qui sont cheffes d'entreprises et mères de famille (...) alors que les femmes sont des entrepreneurs comme les autres ! »
Être au coeur des réseaux
Si certaines dirigeantes venues témoigner le 18 novembre dernier lors de la conférence organisée à la préfecture de région, ont évoqué des parcours de créatrices chaotiques, toutes ont mis en avant leur volonté farouche de réussir : « entreprendre est un état d'esprit, une envie qui nous traverse », explique Florence Delobel (Vitamines) forte d'une expérience accomplie dans l'agroalimentaire. « Une question de motivation », insiste Valérie Tellier (Val Fi) qui récuse l'idée même qu'il y ait des « freins » qui brident l'entrepreneuriat féminin. « Il faut de l'ambition », résume-t-elle. Et surtout être capable « de se rendre disponible comme les hommes qui n'ont pas les mêmes contraintes que nous lorsqu'ils rentrent à la maison ! », juge Florence Delobel. Mais l'essentiel, c'est encore « d'être dans les réseaux », estime Jennifer Kempe (FPC). « Quand on y est, on est comme les autres ». Et ce n'est pas Valérie Tellier, présidente de la Glass Vallée et d'un groupement d'entreprises de la région de Dieppe (GERDET) et membre du Conseil Économique, Social et Environnemental régional qui dira le contraire. Pour Florence Delobel qui préside un Club APM à Rouen, l'importance des réseaux est tout autant essentielle : « grâce à cela, je vois comment fonctionne l'entraide masculine... Et le constat c'est que les réseaux féminins sont aujourd'hui bien moins puissants que les réseaux masculins » !
L'Insee Haute-Normandie publie une étude sur la place des femmes dans le dynamisme économique régional. Des cheffes d'entreprises témoignent pour l'occasion sur leur parcours.