La constitution de Pôles Étudiants Pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat (PEPITE) dans tous les sites universitaires, la création d'un statut d'étudiant-entrepreneur, la généralisation de formations à l'entrepreneuriat en licence et en master et leur intégration pour tous les doctorants, la création d'un concours des étudiants créateurs d'entreprise, etc. Toutes ces mesures annoncées en 2013 par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche avaient un seul et même but : développer l'esprit d'entreprise au sein de l'université. Reconnue, depuis la loi du 22 juillet 2013, comme l'un des objectifs de l'enseignement supérieur, la sensibilisation, la formation et l'accompagnement à l'entrepreneuriat a pris différentes formes selon les régions et les établissements. À Toulouse, le groupe ESC (devenu depuis Toulouse Business School) avait été relativement avant-gardiste en se dotant de l'incubateur pédagogique TBSeeds dès janvier 2012. « Pendant les six ou douze mois d'incubation, le but est, pour certains, de valider leur modèle économique et, pour d'autres, de les aider à créer leur entreprise. On a aussi le cas d'étudiants, souvent en première année, qui ont juste une vague idée de projet. Ils n'intègrent pas à proprement parlé l'incubateur mais peuvent quand même bénéficier d'un accompagnement pour affiner leur projet », expliquait à l'époque son responsable, Christophe Leyronas. Quel bilan aujourd'hui pour TBSeeds ? « Nous venons d'accueillir la 8e promotion, qui compte six projets. Depuis janvier 2012, nous avons reçu 279 dossiers de candidature de la part de nos étudiants et 47 de ces projets ont été accompagnés : 21 en incubation, 26 en pré-incubation, selon leur maturité et les contraintes des étudiants », déclare Servane Delanoe-Gueguen, enseignant-chercheur en entrepreneuriat et stratégie et responsable de TBSeeds. Sur ces projets, douze ont débouché sur des créations d'entreprise, telles que SchoolMouv, Unitag, Ateliers Tersi, etc. « En plus des ateliers collectifs (50 h sur six mois) et du coaching individuel, nous avons élargi l'offre de services proposée aux étudiants », indique la responsable. Le 23 juin dernier se sont par exemple tenues les premières Matinales des investisseurs, co-organisées avec le cabinet Sygnatures, pour « permettre aux étudiants qui ont déjà créé leur entreprise de rencontrer un panel d'investisseurs. » TBS vient par ailleurs d'annoncer un partenariat avec l'Insa, effectif dès la rentrée de septembre, pour « favoriser l'émergence de projets portés par des étudiants de l'Insa ou par des équipes mixtes TBS-Insa. »
Trois entreprises créées, deux brevets en cours
Autre initiative toulousaine : la création d'un statut d'étudiant-entrepreneur par l'INP Toulouse en février 2014. « Notre président Olivier Simonin a été très précurseur dans ce projet, en préconisant d'ouvrir ce statut aux étudiants en formation et non pas une fois leurs études terminées, raconte Alain Ayache, directeur du CFA MidiSup et chargé de mission entrepreneuriat pour l'INP. Chaque année, nous constations qu'entre cinq et dix entreprises étaient créées par des étudiants des sept écoles de l'INP. Aussi était-il important de les aider à concilier leur projet avec leurs études. » Concrètement, ce statut permet à l'étudiant-entrepreneur de bénéficier d'un aménagement de sa scolarité, de suivre des modules dédiés (une convention a été signée avec la CCI de Toulouse), de bénéficier du suivi d'un tuteur, d'avoir un accès privilégié aux infrastructures et aux labos de recherche de l'INP. « Une vingtaine d'étudiants ont opté pour ce statut l'an dernier. Depuis la rentrée 2014, nos jurys de sélection se font en commun avec le pôle ECRIN (labellisé Pôle Etudiant Pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat, ECRIN est chargé de la promotion de la culture entrepreneuriale dans l'enseignement supérieur en Midi-Pyrénées, ndlr). Sur la dernière session, qui s'est tenue mi-juin, 30 dossiers ont été retenus, dont 8 portés par des étudiants de l'INP », précise Alain Ayache. Et d'ajouter : « À ce jour, trois entreprises ont été créées dans le domaine du numérique et deux brevets sont en cours de dépôt, l'un sur la désalinisation de l'eau de mer (cf. exemples ci-dessous), l'autre sur un béton innovant. » Des résultats qui pourraient bientôt conduire à l'ouverture du statut aux étudiants de MidiSup, qui préparent un diplôme d'ingénieur par la voie de l'apprentissage. « Nous y travaillons », glisse Alain Ayache.
Pays numéro un du G20 pour les actions menées en matière d'éducation à l'entrepreneuriat, selon une étude EY, la France s'est fixé un objectif de 20.000 créations ou reprises d'entreprise par des jeunes issus de l'enseignement supérieur d'ici à 2017. Qu'en est-il à Toulouse ?