Entremont : Tous les regards se tournent vers Sodiaal
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Entremont : Tous les regards se tournent vers Sodiaal

L'annonce a été faite par le ministre le 31août. Entremont devrait s'adosser à terme avec le groupe coopératif Sodiaal. Les producteurs de lait bretons sauront dans les prochaines semaines à quelle sauce ils vont être mangés.

Contrôlé par Albert Frère et détenu à 33,6% par Unicopa, Entremont est à l'aube d'une révolution capitalistique. Après un suspense haletant, l'industriel, par l'entremise du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, a annoncé le 31août avoir entamé des négociations avec Sodiaal. La reprise d'Entremont par ce groupe coopératif -et non Lactalis comme évoqué parmi les hypothèses ? aura des répercussions importantes sur toute la filière bretonne. Dans le Morbihan, où se trouve l'usine de Malestroit, mais pas seulement. Entremont absorbe en effet 30% de la production laitière bretonne. Et l'Ille-et-Vilaine compte de nombreux producteurs. Des producteurs qui s'inquiètent désormais de savoir s'ils feront partie ou non du plan de reprise d'Entremont par Sodiaal. Quoiqu'il advienne, ces derniers peuvent toutefois être rassurés sur un point. Sous la pression, et quasi sûr maintenant d'être adossé à un autre groupe - ce qui, au passage, aboutira à la création d'un groupe laitier de taille européenne- Entremont a assuré qu'il les paierait 272euros les 1.000 litres en septembre, comme l'accord interprofessionnel de juin le prévoit.




La solution de l'équilibre

Comme la profession le laissait entendre durant l'été, avec Sodiaal, c'est donc la solution la plus équilibrée pour le secteur qui a été choisie. Si Lactalis avait remporté la mise, avec 7milliards de litres de lait de collecte, il aurait représenté ni plus ni moins le tiers de la collecte française. Une situation de quasi monopole. En revanche, avec l'adossement à Sodiaal, Entremont pèsera à terme 4 à 5milliards de litres, soit le niveau actuel de collecte française de Lactalis. Sur le plan social, également, le gouvernement ne cachait pas en coulisses sa préférence pour ce groupe coopératif. Avec Lactalis, «les conséquences sociales (auraient été) plus sévères», insiste une source proche du dossier. Quant au prix du lait, si avec Lactalis les conditions auraient certainement été meilleures à court terme, «à plus long terme, compte tenu de son monopole incontestable, (ça n'aurait pas été) pareil...», souligne-t-on de même source.

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