La toute jeune start-up Ensol, créée en juillet 2023 par Paul de Préville et Martin d’Hoffschmidt et basée à Aubagne et Toulon, vise la rentabilité avant la fin 2024 et ambitionne de quadrupler son chiffre d’affaires en 2025. Ensol s’est positionnée sur le marché de l’énergie solaire et de la gestion de l’autoconsommation, qu’elle entend faciliter et rendre accessible à tous. Elle propose ainsi aux particuliers non seulement l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit mais également un suivi de leur consommation et un pilotage efficace de leur autoconsommation au travers d’une application, disponible pour smartphone et développée par les équipes d’Ensol. La jeune entreprise a levé, en fin d’année dernière, 4 millions d’euros, dont 3 millions d’euros auprès du fonds Otium Capital et un million d’euros apporté par Bpifrance. Une somme qui va lui permettre de développer ces nouveaux modes de commercialisation et d’intégrer l’ensemble de la chaîne de production solaire.
Une énergie trois fois moins carbonée
"Avec Martin, nous avions déjà l’expérience de l’entrepreneuriat et nous voulions nous positionner sur une activité à impact ", explique Paul de Préville, pour qui le recours à l’énergie solaire est une évidence. " Il y a un grand paradoxe. Le solaire présente de nombreux avantages. Le soleil est gratuit et l’énergie produite est trois fois moins carbonée que celle disponible sur le réseau et, pourtant, malgré ces facteurs, seulement 3 % des toitures sont équipées (environ 834 000 installations photovoltaïques en France, contre 4 millions pour l’Allemagne, NDLR) ", ajoute-t-il. Le marché résidentiel, représente 55 % du parc photovoltaïque en France, et a toutefois connu en 2023 une croissance de 83 %. Ainsi, en moins d’un an, Ensol, qui compte d’ores et déjà 35 salariés, et envisage d’en recruter une quinzaine avant la fin de l’année, a réalisé plus de 200 installations pour un montant de plus de 4 millions d’euros. "Nous souhaitons nous positionner comme le leader du marché résidentiel d’ici à 2030. Les toitures sont déjà là et inutilisées. Dans les sondages, un Français sur deux avoue avoir peur de se faire arnaquer, que les travaux n’abîment leurs toitures ou ne savent tout simplement pas comment s’y prendre. Nous avons donc développé une offre globale en proposant non seulement la mise en place de panneaux, mais également de batteries, de bornes de recharge pour voitures électriques ou encore de pompes à chaleur".
Gérer l’électrification des foyers
L’ambition d’Ensol est de prendre en compte l’ensemble de l’électrification des foyers à partir de l’énergie solaire. L’ensemble de ces outils sont ainsi pilotés par l’application développée par l’entreprise. "Pour convaincre les particuliers, il est nécessaire de leur simplifier la gestion de l’ensemble. Mais beaucoup de jeunes propriétaires viennent au solaire pour des raisons écologiques".
Le système repose bien sur la production d’électricité et de la revente de la part inutilisée à EDF. Mais la suntech affine ce modèle classique. "Ce qui est le plus rentable pour le particulier, ce n’est pas la revente, mais l’autoconsommation et donc la réduction brutale de la facture. L’énergie étant produite dans la journée, notre application optimise son utilisation. Il est alors possible de chauffer son eau ou de recharger ses véhicules dans la journée. C’est un changement total par rapport au raisonnement en heure creuse ou toutes ces activités consommatrices d’électricité sont en général programmées la nuit", détaille le dirigeant. Paul de Préville souligne en outre que l’installation d’une dizaine de panneaux photovoltaïques, d’un coût proche de la dizaine de milliers d’euros est une opération qui peut se rentabiliser en sept ans. Ensol installe des panneaux produits par l’entreprise marseillaise DualSun et garantis trente ans. "Nous avons choisi de nous approvisionner en local, ce qui peut apporter davantage de souplesse. Aujourd’hui, la technologie des panneaux est mature. En dix ans, leur prix a été divisé par quatre et les progrès à venir vont davantage se situer au niveau des batteries. Aujourd’hui, 95 % des panneaux sont recyclables, notamment via l’association Soren qui collecte et recycle les panneaux".
À l’heure actuelle principalement positionnée en Région Sud (qui compte 1,3 million de maisons individuelles, NDLR), où elle a ouvert un bureau à Toulon et un showroom de 300 m² à Aubagne, l’entreprise prévoit d’étendre l’année prochaine ses activités à deux nouvelles régions : l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine.