Le terrain est trouvé. Il est à Guipry-Messac, entre Rennes et Redon, sur 80 hectares, et subit actuellement des études environnementales et géologiques. Si, en septembre prochain, les rapports sont favorables, le projet de parc d'attraction d'Aurélien Loro pourrait voir le jour d'ici à 2020. Depuis deux ans et demi, le Costarmoricain Aurélien Loro, 37 ans, met toute son énergie de professionnel de l'industrie créative (édition, management d'artistes, organisation d'événements en France et à l'étranger) dans le montage d'un projet qu'il souhaite à rayonnement mondial. Son futur parc d'attraction a pour thème l'histoire du Roi Arthur, et s'articulerait entre espaces extérieurs et intérieurs dans un mélange de nouvelles technologies, de légendes et de spectacle vivant. « Avec cette thématique puissante, connue dans le monde entier, nous voulons créer un parc technologique, créer un divertissement unique pour offrir une nouvelle expérience au visiteur », précise Aurélien Loro.
Treize associés
Avec ses douze associés (des Bretons, Parisiens, Belges, Manceaux...), il a créé Enez Aval en janvier 2015, à Pleumeur Bodou, une SAS qui doit porter le projet. À eux treize, ils ont déjà mis 300.000 euros sur la table. « Enez Aval, c'est l'île d'Aval, en Breton, face à laquelle j'ai grandi, et qui aurait donné son nom à Avalon, l'endroit de la fin des légendes arthuriennes », détaille le Breton. Pourtant, c'est en Ille-et-Vilaine que le projet est envisagé, car « il y a ici, sur les Vallons de Haute Bretagne Communauté, une dynamique territoriale formidable, qui donne envie d'entreprendre », souligne celui qui a été accompagné par Idéa 35 dans sa recherche de terrain. « Et Guipry-Messac est à la confluence de plusieurs territoires qui offrent une belle zone de chalandise : à une heure de Rennes ou Nantes, à 1h30 de Vannes ou Angers... Tout près, nous avons l'exemple de Lohéac, qui accueille chaque année 300 à 400.000 visiteurs intéressés par l'automobile. Le territoire est donc capable d'absorber autant de passage ».
100 emplois directs
Car Enez Aval vise la première année une fréquentation de 500.000 visiteurs sur son parc, sans compter la communication nationale puis internationale envisagée ensuite. « Nous pouvons faire l'équivalent du Puy du Fou en Bretagne, estime Aurélien Loro. Mais cela va prendre dix ou quinze ans pour monter en puissance, et va dépendre aussi de l'ambition que le territoire voudra bien donner au projet ». Au départ, ce sont une centaine d'emplois directs qui seront nécessaires pour faire tourner le parc, avec la création en parallèle de 300 à 400 emplois indirects en restauration, hôtellerie, bâtiment, etc.
Levée de fonds en 2017
Pour arriver au bout du projet, et ouvrir à l'horizon 2020, l'équipe va partir à la recherche de sponsors pour le faire avancer. En attendant, l'objectif est de sortir des produits culturels pour planter le décor, et faire vivre Enez Aval. « De nombreuses entreprises de l'industrie créative peuvent nous rejoindre, pour lancer des livres, jeux vidéo, etc ». Enez Aval est déjà en partenariat avec des startups et accompagnée en conseils par Baker Tilly Haussmann Corporate, le cabinet EY, Sofideec Baker Tilly, Eurogiciel... Elle prépare sa première levée de fonds, dont le montant est pour l'instant confidentiel, pour le second semestre 2017. Si le parc voit le jour, il pourrait à terme engranger un chiffre d'affaires de 10 à 30 millions d'euros par an, « avec une progression estimée à 8 % par an », espère Aurélien Loro.
Virginie Monvoisin
Tourisme Un parc d'attraction pourrait voir le jour à Guipry-Messac en 2020. Porté par Aurélien Loro, il mêlerait nouvelles technologies et légendes bretonnes.