Énergies vertes : Des revenus nouveaux pour votre PME

Énergies vertes : Des revenus nouveaux pour votre PME

Et si le bâtiment de votre entreprise n'était plus un simple centre de coûts, mais de profits? Et si les déchets générés par votre activité vous rapportaient, eux aussi, de l'argent? Vous en avez rêvé, les «green techs» le font. Poussée par le Grenelle de l'environnement, l'électricité solaire permet aux entreprises de transformer et de vendre de l'électricité grâce à des toitures jusque-là inexploitées. L'éolien et la biomasse permettent également de créer du chiffre d'affaires. Une aubaine? Oui, à condition de savoir naviguer dans le «Far West» qui rayonne autour de ces nouveaux business. Dossier réalisé par Sébastien Payonne

Une véritable ruée vers l'or se déroule actuellement dans les zones industrielles et tertiaires de France. C'est là, sur les toitures des entreprises, que se multiplient depuis plusieurs mois les chantiers d'installation de panneaux photovoltaïques. Des panneaux qui permettent de transformer le rayonnement solaire en électricité, puis de revendre l'énergie ainsi produite à EDF. Avec des tarifs alléchants. À près de 60 centimes d'euros le KwH (kilowatt heure) produit, c'est tout simplement un des meilleurs tarifs d'achat au monde. Un tarif «canon» lié à la volonté gouvernementale de pousser les énergies renouvelables dans le cadre des engagements pris en 2007 lors du Grenelle de l'environnement. Objectif: porter d'ici à 2020 la part des énergies renouvelables à 23% de la consommation d'énergie en France. Du coup, nombre d'entreprises découvrent aujourd'hui une richesse insoupçonnée: leurs milliers de mètres carrés de toitures, prêtes à recevoir les fameux panneaux générateurs de chiffre d'affaires. Avec un retour sur investissement intervenant généralement entre six et sept ans. Le marché connaît donc un emballement sans précédent: la France devrait dénombrer en 2011 quelque 9millions de m² de panneaux photovoltaïques, contre... 700.000m² en 2008!




Far West

Mais attention, comme toute ruée, le marché prend aujourd'hui des allures de «Far West», vampirisé par des acteurs aux pratiques parfois déroutantes, rognant sur la qualité et le matériel pour prendre des parts de marché ou lisser leurs marges. «Il y a un an et demi, un installateur lambda facturait un chantier 22.000 € TTC pour un prix à l'achat de 14.000 €. Désormais, on est plus sur une base de 11.000 € de facturation pour 9.000 € d'achat», regrette un observateur.




Attention aux défaillances

Pire encore, nombre de clients se retrouvent abandonnés par des prestataires qui ne disposent pas des fonds de roulement nécessaires pour assurer leur activité pendant les sept mois qui séparent généralement la commande de la livraison. Selon plusieurs observateurs, 2.000 entreprises dédiées au photovoltaïque auraient déposé le bilan sur le seul mois de juillet dernier. Attention, terrain miné! Dans de telles conditions, mieux vaut ne pas céder à l'empressement et préparer soigneusement ses projets solaires, sous peine de voir une belle opportunité se transformer en grosse désillusion. Car l'enjeu, c'est souvent d'avoir une installation qui tienne le coup. «Il ne faut pas juger la réussite d'une installation photovoltaïque sur sept ans, mais sur une période beaucoup plus longue: celle à partir du moment où elle permet de gagner de l'argent, une fois les investissements couverts. Cela nécessite de faire appel à du matériel et des savoir-faire de qualité», insiste Éric Lecoq, président d'Eco Energy, spécialiste du photovoltaïque sur bâtiment agricole. Voici donc quelques ficelles pour vous aider à réussir dans votre projet photovoltaïque.