Début octobre 2025, les équipes d’Enedis (2 300 salariés dans le Grand Est) étaient réunies à Méréville, en Meurthe-et-Moselle, pour assister aux tests de son premier robot d’intervention sur les réseaux électriques, sur un chantier de sécurisation du réseau.
"Une innovation à l’échelle mondiale"
D’abord testé en Normandie depuis début 2025, l’équipement est actuellement en phase de test en Lorraine, puis rejoindra d’autres régions. "Nous pensons qu’il s’agit d’une innovation à l’échelle mondiale. Si les essais sont concluants, nous envisageons une industrialisation progressive à partir de 2026, pour un déploiement en série en 2028-2029", lance Marianne Laigneau, présidente du directoire d’Enedis.
À ce stade, trois brevets ont déjà été déposés et le robot est en phase finale d’expérimentation sur plusieurs cas d’usage, comme l’installation "d’interrupteurs sectionneurs provisoires", ou encore l’installation" de protections avifaune" (pour protéger les oiseaux).
"C’est un véritable exploit de faire fonctionner de la robotique dans ces conditions"
"Ce sont les équipes terrains d’Enedis Lorraine qui ont proposé ce robot pour les soulager. Ils sont venus avec l’idée, et nous avons décidé de la développer : notre objectif est toujours de favoriser l’innovation terrain", poursuit Hervé Luthringer, directeur régional d’Enedis en Lorraine et directeur régional référent d’Enedis Grand Est.
Une démarche collaborative à l’échelle nationale
Partie de Lorraine en 2018, l’idée du robot a ensuite été le fruit d’une démarche collaborative, impliquant 8 directions régionales de l’entreprise, 15 corps de métiers et plusieurs partenaires techniques, dont la filiale de RTE Serect, le groupement Ekium-Impact-MGA, et T.EN Marseille, anciennement Cybernetix, filiale du groupe Technip Energies.
"Normalement, les robots opèrent dans des chantiers fermés et stables. C’est un véritable exploit de faire fonctionner de la robotique dans ces conditions : en extérieur, et bien souvent dans des champs", explique Marianne Laigneau.
L’équipement est doté de deux bras articulés, d’une nacelle avec une plate-forme isolante, de quatre caméras et d’un système de télépilotage, permettant aux techniciens de réaliser des travaux sous-tension sur le réseau aérien moyenne tension (20 000 volts), depuis le sol. Ces opérations, au nombre de 30 000 par an à l’échelle nationale, étaient jusqu’ici réalisées à l’aide de perches lourdes de près de 7 kg. "Le robot contribue à la maîtrise des risques liés à la hauteur, à la proximité de l’électricité et aux troubles musculo-squelettiques (TMS)", commente Marianne Laigneau. Pour prévenir les TMS, les salariés d’Enedis Lorraine effectuent en effet des séances de gainage, plusieurs fois par mois.
Favoriser l’attractivité du métier
"Le développement de ce robot permettra aussi de valoriser nos métiers, en attirant plus de profils différents", lance Delphine Gigleux, chef d’agence de travaux sous tension. "Le robot demandera d’autres compétences : nous aurons besoin de téléopérateurs", complète Hervé Luthringer.
Déployer une cinquantaine de robots
À terme, l’objectif d’Enedis serait de déployer une cinquantaine de robots. À ce stade, l’investissement nécessaire pour ce déploiement n’est pas communiqué. "Les coûts se partagent entre Enedis, et Enedis Lorraine", indique Hervé Luthringer. L’opérateur indique consacrer plus de 60 millions d’euros par an à la recherche et à l’innovation à l’échelle nationale. À l’échelle lorraine, Enedis, investit 100 millions d’euros par an sur le réseau.