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En Vendée, la brasserie Mélusine s’allie avec Verdemobil Biogaz pour une bière moins carbonée
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En Vendée, la brasserie Mélusine s’allie avec Verdemobil Biogaz pour une bière moins carbonée

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La brasserie vendéenne Mélusine souhaite décarboner la production de ses bières artisanales. Elle vient de nouer un partenariat avec l’entreprise voisine Verdemobil, un fournisseur de CO2 issu de procédés biologiques comme la méthanisation.

La brasserie vendéenne Mélusine s’associe à son voisin, Verdemobil Biogaz, pour se fournir en CO2 issu de la méthanisation — Photo : Melusine

Une bière locale, artisanale… et bientôt durable ? Au bingo des tendances, la brasserie Mélusine (24 salariés) coche de nombreuses cases. Basée à Chanverrie et appartenant au groupe Newbeers (65 collaborateurs, 15 M€ de CA, 60 000 hectolitres), la brasserie vendéenne en coche une nouvelle : celle d’une bière avec une empreinte carbone réduite. Pour ce faire, la brasserie intègre du BioCO2 dans son processus de fabrication. "Le CO2 est un élément indispensable au brassage. Au-delà du travail des levures, il permet de niveler le taux de CO2 dans la bière, pour avoir un niveau de bulles toujours égal entre deux productions", note Adrien Vasseur, directeur général de Newbeers.

Une solution temporaire pour reprendre la production

Pour se fournir en BioCO2, Mélusine a noué un partenariat avec une entreprise voisine, Verdemobil Biogaz. Fondée en 2008 et basée à Montaigu (Vendée), cette entreprise avait levé 150 millions d’euros fin 2024. Verdemobil Biogaz (7 M€ CA 2024, 60 salariés) transforme des déchets organiques, comme les déchets alimentaires, agricoles ou industriels, en gaz qu’on peut utiliser comme source d’énergie. "Nous avions des problèmes d’approvisionnement en CO2 l’été dernier. Verdemobil nous a fourni une solution temporaire, limitant ainsi notre interruption de production. Nous avons alors pu mesurer la qualité de leur produit et de leur service", souligne Adrien Vasseur, qui se fournissait auparavant auprès des trois grands acteurs du secteur du CO2, à savoir Air Liquide, Linde et Messer.

Une multiplication des rachats

La maison mère de Mélusine, Newbeers, possède aujourd’hui quatre sites de production en Vendée, dans le Nord, près de Paris, et dans le Tarn. Le groupe s’illustre depuis quelques années en multipliant les rachats d’autres brasseries artisanales. C’était le cas en janvier 2025 de la Fameuse Fabrique située dans le Tarn. Ou encore début 2026, avec la reprise de la brasserie lilloise Gobrecht, et de sa marque Lil. "Nous avions un site de production dans le Nord qui était capacitaire. Cela permet un apport additionnel en volume", détaille Adrien Vasseur, qui reste discret sur le montant du rachat. Avec bientôt d’autres rachats en vue ? "Nous avons une stratégie de maillage du territoire. Nous recherchons des brasseries avec un rayonnement local, sans être trop régionaliste. À chaque fois, les fondateurs restent associés avec nous, ce qui permet un alignement des intérêts", ajoute Adrien Vasseur.

Une proximité nécessaire pour limiter le transport

Les trois autres sites de Newbeers devront trouver d’autres fournisseurs locaux, s’ils veulent, eux aussi, passer au BioCO2. "La brasserie Mélusine constitue une première étape. Cela fait sens seulement s’il y a un point de génération de CO2 près des sites de production", précise le directeur général. Il faut dire qu’en parallèle, Verdemobil Biogaz envisage d’ici 2030 de produire plus de 500 000 tonnes de BioCO2 de qualité alimentaire par an. L’entreprise a déjà 58 installations dans cinq pays : France, Suisse, Allemagne, Italie et Canada. De quoi sûrement dénicher une production pas si éloignée de chaque lieu de brassage.

Vendée # Agroalimentaire # PME # RSE # Transition écologique # Infrastructures # Made in France