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En pleine croissance Crazy Lobster voit plus grand et poursuit ses innovations
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En pleine croissance Crazy Lobster voit plus grand et poursuit ses innovations

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Le costarmoricain Crazy Lobster va doubler l’étendue de ses locaux en investissant un nouveau bâtiment, toujours au Port du Légué, à Saint-Brieuc. L’entreprise en pleine croissance, développe un nouveau procédé de fabrication de composites.

Une partie de l’équipe de Crazy Lobster, dont la partie production va déménager dans un autre bâtiment à partir de janvier 2026 — Photo : Matthieu Leman

Actualité chargée pour Crazy Lobster (12 salariés, 1,1 M€ de CA en 2024 – 2025). La jeune entreprise qui fabrique des pièces composites haut de gamme, notamment pour le nautisme et la course au large, et qui mène des recherches sur les composites pour son compte ou celui d’autres sociétés, va investir un nouveau bâtiment. Propriétaire de 700 m² au Port du Légué, à Saint-Brieuc, l’entreprise créée par Tual Le Guillerm va installer son activité production dans un local de 800 m², situé tout près, en location celui-là. Et ainsi doubler l’étendue de ses locaux.

Une coquille vide à investir

"Nous allons y entrer en janvier 2026. Et nous allons effectuer beaucoup d’investissements car c’est une coquille vide", raconte Étienne Heude, l’un des premiers salariés de l’entreprise et qui en est devenu actionnaire minoritaire en janvier 2025, au même titre que deux autres salariés : Tristan Compain et Romain Lemarchand. Tous les trois ont moins de 30 ans.

L’enveloppe des travaux, qui s’étendront sur plusieurs mois et comporteront notamment l’installation d’un système d’aspiration des poussières mais aussi d’instruments de régulation de la température et de l’humidité, indispensables pour le travail des composites, n’est pas encore fixée. Elle pourrait s’élever à plus de 500 000 euros, tandis que Crazy Lobster va bénéficier de 250 000 euros de subventions publiques au titre du dispositif Fonds Vert.

Produire de plus grandes pièces

Ce déménagement de l’outil de production va permettre à Crazy Lobster de produire de plus grandes pièces grâce à l’installation d’une machine d’usinage de six mètres sur quatre, et d’un mètre de hauteur. Notamment pour la fabrication de pièces de bateaux plus grandes, comme des coques, des cloisons pour de grands catamarans et même des bateaux entiers, à terme. Les petites pièces, comme les appendices de navire (foil, dérive, safran…) continueront à être produits dans l’ancien bâtiment, où restera aussi le bureau d’études.

De 7 à 12 salariés en un an

Si la jeune entreprise, qui s’est dotée il y a un an d’un ERP, se retrouve à l’étroit dans ses locaux d’origine, c’est aussi à cause de son développement. Elle est passée en un an de 7 à 12 salariés et son chiffre d’affaires s’est accru de 750 000 euros sur l’exercice 2023 – 2024 à 1,1 million d’euros pour celui se terminant en septembre 2025. "Au début de notre activité, nous avions lancé des graines un peu partout, se souvient Étienne Heude, faisant référence notamment à la construction de petits bateaux pour l’Armée destinés à l’entraînement de tirs. Aujourd’hui, nous nous sommes orientés vers des secteurs plus rentables, comme le nautisme, et nous sommes davantage connus."

Un brevet de fabrication de pièces composite épaisses

Cette notoriété, la PME l’a construite également grâce à son travail de recherche sur les composites. Agréée Crédit Impôt Recherche et Crédit Impôt Innovation, Crazy Lobster mène des recherches pour les autres entreprises mais aussi pour elle. C’est dans ce cadre qu’elle a déposé un brevet de fabrication de pièces de composite en grosse épaisseur (jusqu’à plus de 100 mm). Et a lancé fin septembre un projet collaboratif avec l’Allemand Saertex (textile), l’Ifremer et l’écurie de bateaux de course K-Challenge pour développer son industrialisation.

L’objectif ? Produire des pièces en composite haute performance moins chères, grâce à un process de fabrication simplifié et connecté, avec un bilan carbone moins élevé.

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