Implantée à Faulquemont, en Moselle, l’usine Allgaier France pourrait ne pas célébrer ses 50 années d’existence en 2027. L’ouverture, cette semaine, d’un premier round de négociations avec les organisations syndicales doit établir les contours du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) annoncé le 3 juillet dernier. Un plan destiné à accompagner la fermeture du site industriel où travaillent 180 personnes, pour un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros en 2023.
L’équipementier automobile est directement impacté par les difficultés de sa maison-mère, l’Allemand Allgaier, déclaré insolvable en juin 2023, un an après son rachat par le groupe chinois Westron. Dans un communiqué, la direction d’Allgaier France explique que "la contraction du marché de l’automobile et surtout les difficultés du groupe Allgaier – qui ont conduit à la faillite de la maison mère en Allemagne – ont eu pour conséquence que les clients ont décidé de ne plus passer aucune commande à la société filiale Allgaier France". L’entreprise estime que cette situation contraint la direction à envisager un PSE, "les tentatives pour trouver un repreneur n’ayant pas abouti à ce jour".
Aucune nouvelle commande depuis deux ans
Important fournisseur de Daimler, l’usine mosellane est donc directement impactée par la situation d’Allgaier un groupe d’environ 2 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 377 millions d’euros au titre de l’exercice 2023, basé à Uhingen, près de Stuttgart et administré de manière provisoire par le cabinet d’avocats allemand Pluta.
Un porte-parole de l’administrateur judiciaire rappelle que les salariés du site de Faulquemont ont été informés "très tôt" de la situation de l’entreprise qui "n’a reçu aucune nouvelle commande depuis environ deux ans". Le porte-parole ajoute que "la cession d’Allgaier France s’inscrivait dans le cadre d’un vaste processus de fusions-acquisitions visant à céder la division Automobile du groupe". Selon cette source, un dernier investisseur potentiel a annoncé son retrait fin 2024, en conséquence Allgaier Automotive, en Allemagne, poursuivra ses activités jusqu’à fin 2025, mais devra fermer après cette date.
Produits fabriqués en France en fin de vie
Dans ce contexte, le porte-parole du cabinet Pluta dresse un tableau plutôt sombre des perspectives de reprise de la filiale hexagonale, "car les produits fabriqués en France sont en grande partie en fin de vie et aucun engagement d’achat ferme de la part des clients n’a été pris au-delà de 2025". Le cabinet indique que les carnets de commandes actuels, remplis avec ces pièces devenant obsolètes, permettent de maintenir l’activité jusqu’au 31 mars 2026, mais pas au-delà.
Laurent Bourgeois, délégué syndical CFDT chez Allgaier France, évoque une inquiétude "particulièrement vive parmi les salariés" et explique que la perspective de fermeture est d’autant plus difficile à envisager que l’annonce du PSE intervient "après deux années de résultats financiers records".
Première filiale du groupe à l’étranger
Ouverte en 1977 sous le nom d’Ateliers d’emboutissage de Faulquemont, l’usine lorraine était la première filiale de production à l’étranger du groupe familial fondé en 1906. Elle s’est fait un nom dans la fabrication de pièces de structure destinées au marché automobile, mais également d’éléments de toits ouvrants, de boîtes de vitesses ou encore de systèmes de transmission.