En Sarthe, Plastivaloire va fermer son usine Ouest Injection, une centaine de salariés sont concernés
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En Sarthe, Plastivaloire va fermer son usine Ouest Injection, une centaine de salariés sont concernés

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Le groupe de plasturgie Plastivaloire est fortement affaibli par les difficultés du secteur automobile européen, son principal débouché. La décision de fermer le site de Mamers vient de tomber. Un nouveau coup dur pour l’industrie sarthoise.

Le groupe tourangeau Plastivaloire fabrique des pièces plastiques pour équiper ou orner les automobiles, dans une dizaine de sites en France, dont deux en Sarthe. Celui de Mamers va fermer — Photo : PVL

D’ici la fin de l’année, le groupe Plastivaloire va fermer son usine Ouest Injection à Mamers, dans le nord de la Sarthe. Mardi 13 mai 2025, c’est sur sa page Facebook que le maire de la ville, Frédéric Beauchef, a annoncé la nouvelle apprise la veille de la bouche de salariés, et confirmée lors d’un entretien sollicité avec la direction. Aussi sonné que les 94 employés du site par cette décision brutale, le maire et président de la communauté de communes du Maine Saosnois a "immédiatement écrit à M. Éric Lombard, ministre de l’Économie… ainsi qu’à M. Marc Ferracci, ministre chargé de l’industrie, pour les alerter de la situation". L’élu sarthois évoque "l’erreur stratégique de l’Union Européenne qui a voulu mettre un terme à la production d’automobiles à moteur thermique désarmant ainsi au plus grand bénéfice des importations chinoises". "Une politique suicidaire", juge l’édile.

Dépendance à l’automobile

Le secteur automobile représente plus de 80 % de l’activité de Plastivaloire. Le groupe produit pour des constructeurs ou équipementiers des pièces plastiques pour le cockpit, la décoration, les mécanismes, les faces avant ou encore les phares des voitures. Autant dire que les difficultés de la filière européenne ont pesé sur le carnet de commandes. L’usine de Mamers (18,5 M€ CA en 2023) tournait déjà au ralenti, ces derniers mois.

Plastivaloire possède également un autre site en Sarthe, Sablé Injection (environ 70 salariés, 19 M€ de CA 2023), à Sablé-sur-Sarthe. Cette usine pourrait offrir des options de reclassement à des salariés de la société Ouest Injection.

Le site de Mamers de 14 000 m2 va représenter un enjeu foncier pour attirer de nouveaux employeurs sur le territoire. Le bassin est déjà à la peine pour attirer des salariés sur les postes vacants.

Plus pénalisé que les concurrents

Au premier trimestre 2024-2025, le groupe Plastivaloire a moins bénéficié que des concurrents tels Valeo et Forvia du report des droits de douane américains, selon les analystes des cotations sur Euronext. En avril, le plasturgiste a alors abaissé ses prévisions de chiffre d’affaires annuel à 665 millions d’euros, contre initialement 700 millions (équivalent au précédent). Le groupe avait déjà vu son activité fortement reculer (-130 M€ de CA) sur son exercice 2023-2024, avec une rentabilité qui s’effritait de 15 millions d’euros (Ebitda à 54 M€, soit 7,7 % du CA).

Des fermetures partout

Le groupe basé en Indre-et-Loire possède une vingtaine d’usines en Europe, en Tunisie, aux États-Unis et au Mexique. Plastivaloire emploie 5 500 collaborateurs, dont plus d’un quart travaille dans une dizaine de sites en France. En novembre 2024, la fermeture du centre d’essais ouvert en 2012 à Langeais (Indre-et-Loire), où se situe le siège social du groupe, avait été confirmée, impactant une quinzaine de salariés. C’est la suite d’une série de fermetures de sites et filiales en France, avec aussi Creutzwald Injection en Moselle (57 salariés), en République Tchèque, en Allemagne, aux États-Unis depuis 2021.

Nouveau coup dur pour la Sarthe

À Mamers, l’annonce de l’arrêt d’Ouest Injection vient s’ajouter à la liste des défaillances d’équipementiers et sous-traitants automobiles déjà longue dans le département. L’usine Valeo de La Suze-sur-Sarthe (300 salariés) s’est ainsi définitivement arrêtée le 30 avril dernier. Quelques jours plus tôt, une entreprise qui produit notamment les cartes électroniques pour des bornes de recharge électriques, BeLink Solutions, a été placée en redressement judiciaire à La Ferté-Bernard. En janvier, c’est l’usine mancelle NTN Transmissions qui était touchée par la réorganisation du groupe avec 127 suppressions de postes prévus.

Sarthe Indre-et-Loire # Plasturgie # Automobile # Suppressions d'emplois # Conjoncture # Grandes Entreprises
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