Yack est en train d’opérer un tournant, porté par la conviction de son dirigeant, Basil Gertis, que l’innovation est un moteur essentiel de croissance et le seul moyen pour une entreprise française d’être compétitive. Grâce au soutien de France 2030, le dirigeant de cette entreprise spécialisée dans l’importation de matériels de climatisation, de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire a mis au point avec ses équipes - et en particulier sa cellule de R & D - un ballon de production d’eau chaude sanitaire, offrant "le meilleur rendement du marché."
De la R & D à l’industrialisation
Cette aide de l’État - 800 000 euros dont 500 000 euros sous la forme d’une subvention et le reste en avance remboursable - a permis de financer trois années de R & D, jusqu’à la réalisation d’un prototype. Elle a aussi convaincu les banques de soutenir ce projet, de lui offrir une crédibilité, "indispensable lorsqu’on crée une activité nouvelle, comme dans notre cas", souligne Basil Gertis.
Prochaine étape : l’industrialisation d’ici la fin de l’année 2025 de ce produit qui contribue à la transition énergétique. "3 000 m² de locaux sont déjà loués sur le plateau de Signes, à quelques kilomètres du siège social, situé à Saint-Cyr-sur-Mer, dans le Var. Les machines ont été commandées et une fois réceptionnées et installées, ce sont une dizaine d’emplois qui seront créés en production, puis rapidement, entre 20 et 30", assure l’entrepreneur.
Un ballon plus léger et réparable
Si ce nouveau ballon d’eau chaude a obtenu le soutien France 2030, c’est notamment parce qu’il apporte une solution concrète pour baisser les émissions de gaz à effet de serre. L’eau chaude sanitaire peut représenter jusqu’à 50 % des besoins énergétiques d’un bâtiment. Par ailleurs, les ballons sur le marché, principalement émaillés, ont une durée de vie de 10 à 15 ans et ne peuvent pas être réparés. "Notre expérience d’importateur, nous a conduits à gommer les défauts des produits existants. Nous avons créé une cuve réalisée selon le procédé de l’enroulement filamentaire, à base de matériau composite, une technologie issue du stockage d’hydrogène. Cette cuve a résisté à 50 000 cycles de chauffage à 70 degrés et à une pression de 7 bars. Légère, elle est facile à transporter, elle affiche une durée de vie d’une trentaine d’années et presque toutes ses pièces peuvent être changées. En y associant des panneaux photovoltaïques, nous pouvons proposer l’autonomie en matière de production d’eau chaude sanitaire", explique Basil Gertis.
Le " Dyson " du génie climatique
Avec ce nouveau chauffe-eau thermodynamique, le fondateur de Yack (70 salariés, CA : 50 M€) cible les installateurs et distributeurs, notamment le millier avec lesquels il travaille déjà. Il espère rapidement démontrer que son produit peut améliorer le classement énergétique d’un bâtiment. Il a déjà prévu différentes tailles, 100 et 250 litres et de très grandes cuves pour le "petit tertiaire". Le produit sera français et européen et "nous avons bon espoir de devenir le Dyson du génie climatique", conclut Basil Gertis.