Pas facile de s'y retrouver dans les chiffres. Alors que l'Insee annonce une hausse de 0,4% de l'emploi salarié en Loire-Atlantique au deuxième trimestre 2010, Pôle Emploi voit une diminution de 1% en rythme annuel. Au-delà de la divergence sur les chiffres, le constat établi par les deux organismes converge sur un point: l'emploi dans le département a été durement frappé par la crise et peine à repartir. «La Loire-Atlantique a réagi plus tardivement que d'autres départements à la crise mais l'importance de son tissu industriel l'a davantage exposée aux pertes d'emplois», analyse Hervé Bonnet, responsable études, statistiques et évaluation à Pôle Emploi Pays de la Loire. De fait, après l'effondrement de l'emploi intérimaire et l'explosion des mesures de chômage partiel à compter du deuxième trimestre 2008, l'emploi salarié a été à son tour durement touché. En 2009, la Loire-Atlantique a perdu près de 7.000 postes d'emplois salariés. À la fin 2009, on recensait près de 50.000 demandeurs d'emploi, soit un rythme de progression annuelle de 29%. Les bassins d'Ancenis et de Châteaubriant ont été particulièrement affectés. Saint-Nazaire a mieux résisté grâce à son pôle aéronautique. «En 2010, les indicateurs se stabilisent mais à un niveau de chômage élevé. L'emploi redémarre moins vite en Loire-Atlantique que dans les autres départements de la région», souligne Hervé Bonnet. L'embellie vient de l'emploi intérimaire qui repart à la hausse. Il a progressé sur un an de 8,7% avec 17.000 intérimaires recensés à fin juillet (contre 15.300 en novembre2009). «Le redémarrage de l'intérim bénéficie surtout aux jeunes dont le taux de chômage recule alors que l'on continue à enregistrer des licenciements économiques dans la catégorie des plus de 50 ans, notamment dans l'industrie», commente Hervé Bonnet.
Progression de l'emploi tertiaire en 2010
Par ailleurs, l'emploi évolue différemment selon les secteurs d'activité. L'Insee note une progression dans les services, le commerce et la construction alors que l'emploi industriel continue à se dégrader, à un rythme moins soutenu toutefois depuis le deuxième trimestre 2010. «Le positionnement innovant de l'industrie agroalimentaire, la dynamique autour d'Airbus et des entreprises liées au Technocampus EMC2 limitent le recul de l'emploi industriel en Loire-Atlantique», avance Hervé Bonnet. Pour 2011, les perspectives sont meilleures. Les carnets de commandes se garnissent et le moral des chefs d'entreprise s'améliore. Toutefois, cette amorce de redémarrage ne devrait pas se traduire immédiatement par des créations nettes d'emplois. Les premiers leviers actionnés seront la levée des mesures de chômage partiel, l'utilisation accrue des capacités de production industrielles, l'accroissement de la productivité et le recours à l'intérim. C'est pourquoi Pôle Emploi table en 2011 sur une décrue, d'abord lente, du chômage, qui devrait s'accélérer au second semestre.
Après une forte dégradation consécutive à la crise économique, l'emploi en Loire-Atlantique esquisse une fragile reprise, appuyée essentiellement sur la progression de l'intérim.