«Depuis janvier 2012, près de 6.000 personnes ont bénéficié des dispositifs de reclassement suite à un licenciement économique.» Annaïck Laurent, directrice de la Direccte Nord - Pas-de-Calais vient de dévoiler les chiffres de l'emploi, début novembre 2012. Des chiffres forcément à des niveaux records compte tenu de la conjoncture, mais à relativiser par rapport à la situation sur le territoire national. «Clairement, la région résiste mieux que la plupart des régions françaises» Le Nord - Pas-de-Calais devance ainsi des régions comme l'Aquitaine, Rhône-Alpes, l'Alsace, etc.
Près de 350.000 chômeurs
4.400 emplois ont disparu sur les terres nordistes en un an. Des pertes à mettre en relation avec la dégringolade de l'intérim. Ainsi les 1.000emplois créés dans les coeurs de métiers ne suffisent pas à compenser la destruction de 1.500 postes d'intérimaires. De quoi faire grimper le nombre de demandeurs d'emploi qui a franchi un seuil historique avec 349.900 chômeurs enregistrés en septembre 2012. Le territoire concentre le deuxième taux de chômage de France avec 13,2% (la moyenne française étant à 9,7%).
La construction mal en point
«Le secteur de la construction est actuellement le plus touché», souligne Dominique Bur, préfet de région. Et d'ajouter «que cette passe difficile que connaît le bâtiment concerne à la fois les emplois de type CDI comme l'intérim». Pour preuve, ce secteur d'activité qui pèse 8,8% de l'emploi régional, est aujourd'hui à l'origine de 23% des licenciements. Toutefois sur le volet de l'activité partielle, l'automobile reste un acteur majeur. Cette souplesse lui permet de garder le cap dans le contexte actuel. Autres secteurs qui souffrent, les transports et l'entreposage avec 1.185 licenciements entre janvier et septembre 2012, dont 800 pour SeaFrance. En effet, le renchérissement du pétrole au cours de l'été a fortement impacté les entreprises régionales de transport et la logistique, secteur dans lesquels près de 60% des entreprises considèrent cette hausse comme particulièrement pénalisante selon une étude menée par les CCI de la région. Le commerce régional est le troisième secteur le plus touché avec 770 salariés licenciés. Il a souffert de chiffres d'affaires en très fort recul durant la période estivale.
Gel des investissements
Dans ce contexte économique tendu, l'étude de conjoncture pour le dernier trimestre 2012 menée par les CCI de la région, montre que le moral des entrepreneurs de la région continue de fléchir. «Leur solde d'opinion est au plus bas depuis le printemps 2010. Certes, cette baisse de moral est moins marquée que celle anticipée lors de l'enquête de juillet 2012. Mais les chefs d'entreprise restent très pessimistes pour la fin de l'année, tablant sur une nouvelle dégradation du climat des affaires, notamment dans l'industrie.» Cette observation se traduit par un gel de l'investissement et des créations d'emplois.
Les trésoreries fragilisées
Ces baisses d'activités rejaillissent sur les trésoreries. La trésorerie des entreprises poursuit inexorablement sa dégradation. L'étude consulaire montre que sur un an, le solde d'opinions sur cet indicateur est passé de + 14% à + 1% et, aujourd'hui, près d'une entreprise sur trois en région déclare évoluer avec une trésorerie fragile. Conséquence directe de ces difficultés, les défaillances ressortent en hausse de 3% au cours de ce troisième trimestre 2012 dans le Nord - Pas-de-Calais. Sans attendre un regain économique soudain, les dirigeants nordistes espèrent voir prochainement la sortie du tunnel. Pour 2013?
Sur un an, 4.400 emplois ont disparu en région. Toutefois, le Nord - Pas-de-Calais résiste mieux que la grande majorité des régions françaises. À l'approche de 2013, l'intérim enregistre une forte chute non compensée par les créations d'emplois sur la même période.