« Il y a des tensions sociales, des difficultés sociales, mais je sens une grande responsabilité des gens. Je redis ma confiance en l'économie dans une situation très difficile. » C'est par ces mots que le préfet de la Région, Jean-François Carenco, a fait le point, mardi 19 novembre, sur la situation économique en Rhône-Alpes. Refusant de sombrer dans le catastrophisme et le "French bashing", Jean-François Carenco a affiché une détermination et une mobilisation sans faille pour gagner la bataille de l'emploi. Et force est de constater que les chiffres lui donnent raison.De juillet à septembre, la région Rhône-Alpes a vu son nombre de chômeurs se stabiliser (+ 0,1 %) avec même une amorce de décrue en Isère (- 0,7 %), dans la Loire (- 0,5 %) et la Haute-Savoie (- 0,1 %). « L'autre indicateur encourageant, c'est le chômage des jeunes de moins de 25 ans qui a diminué de 1,4 % de juillet à septembre avec - 2 % chez les femmes », s'est réjoui Philippe Nicolas, le directeur régional des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi.
50.000 contrats aidés
Pour gagner cette bataille pour l'emploi, le préfet de Rhône-Alpes compte bien s'appuyer sur ses deux pieds. « Le premier pied, ce sont les emplois aidés. Le second, c'est l'activité économique. Il faut travailler sur les deux, mais sans les emplois aidés on n'y arrivera pas », a commenté le haut fonctionnaire de l'État.Entre les CAE-CIE (30.000 contrats signés depuis le début de l'année), l'opération 3.500 emplois pour les métiers en tension (75 % de formations occupées à ce jour), les emplois d'avenir (5.862 contrats signés) et les contrats de génération (1.884 contrats signés), Jean-François Carenco dispose d'un arsenal conséquent. « Nous venons d'attaquer les emplois francs destinés aux diplômés des Zones de sécurité prioritaires (ZSP). Au total, d'ici à la fin de l'année, nous devrions atteindre les 50.000 contrats aidés sur la région », a précisé Jean-François Carenco.Sur le volet activité des entreprises, le préfet est aussi fortement mobilisé, même si ce second « pied » fait aujourd'hui figure de talon d'Achille pour l'économie rhônalpine avec des dossiers épineux comme Kem One, Bosh ou encore SITL.
Kem One, Bosh et SITLdes dossiers chauds
Sur le premier où 1.300 emplois sont menacés, Jean-François Carenco reste confiant. « Un candidat à la reprise s'est retiré, mais il en reste encore trois qui ont passé l'étape suivante. Les dossiers seront déposés le 10 décembre sur le bureau de l'administrateur judiciaire et l'audience est prévue le 12. Si on réussit à sauver Kem One, ce sera un bon signe de rebond de cette région. »L'avenir du site Bosh à Vénissieux pourrait lui aussi s'éclaircir. L'offre de reprise de la société bretonne Sillia Énergie semble avoir toutes les chances d'aboutir. « Je pense qu'il y aura une vraie reprise d'une partie du site par Sillia », s'est exprimé le préfet.Quant à SITL, ce dossier semble plus complexe. « Ils ont perdu 95 % de leur chiffre d'affaires en cinq secondes suite au dépôt de bilan de FagorBrandt. Je ne suis pas très optimiste. Pour que le site redémarre, il faudrait une reprise de FagorBrandt et une grosse commande de voitures », a estimé Jean-François Carenco.Pour rappel, SITL s'appuyait jusque-là sur son activité de sous-traitance pour la filiale française du groupe espagnol d'électroménager pour financer la fabrication de ses voitures électriques.
Pour tenter d'inverser la courbe du chômage, le préfet de Rhône-Alpes s'appuie sur ses "deux pieds" : les emplois aidés et l'activité économique.