34 ans et déjà à la tête de 320 salariés. Mère de trois enfants, codirigeante de Cadiou Industrie à Locronan (128M€ de CA), cette jeune femme bien occupée n'en néglige pas pour autant son investissement dans les réseaux d'entreprises du Finistère. Elle les considère comme essentiels pour s'ouvrir à d'autres types d'organisation d'entreprises et apporter du souffle à ses équipes. «J'ai besoin de sortir. Ce que je peux apporter à mon entreprise, c'est de voir ce qui se fait ailleurs. Certains dirigeants culpabilisent de s'absenter de l'entreprise. Pour moi, c'est vital. Car c'est là que l'on apprend le plus», affirme Emmanuelle Legault, diplômée de l'ESC Bretagne Brest et d'une école de commerce nantaise.
Le staff membre de réseaux
Présidente du club d'entreprises de Cornouaille l'an dernier (65 adhérents), la dirigeante a poussé ses cadres à adopter une démarche similaire d'ouverture. «Dans le club d'entreprises de Cornouaille, j'ai créé des sous-réseaux pour les cadres. J'ai ainsi donné naissance à un club des directeurs financiers qui souvent ne quittent jamais les entreprises et un club des directeurs de production et de logistique. Ils sont environ huit par groupe et se retrouvent tous les deux mois.» Les autres membres du staff sont eux aussi impliqués en dehors de Cadiou Industrie. Le directeur commercial, Jean-François Legault, son mari, avec qui elle a repris l'entreprise familiale en 2006, est ainsi membre des DCF (dirigeants commerciaux de France) et du conseil municipal de Locronan. Son beau-frère, Anthony Bihan, le directeur industriel, également au capital, adhère à l'APM (Association pour le Progrès du Management). Un club qu'apprécie beaucoup Emmanuelle Legault. Depuis deux ans, elle fréquente le club Finistère Ponant. Elle y croise les dirigeants de Monique Ranou, de Meralliance, de Kersaudy & LeMeur, d'Enag... Les liens sont forts. «On se confie, on parle d'expériences personnelles, on est dans du vécu. Alors qu'au club d'entreprise de Cornouaille, on se retrouve davantage pour des visites d'entreprisesou pour défendre l'attractivité économique du territoire», explique Emmanuelle Legault.
Marraine d'une créatrice d'entreprise
La dirigeante s'investit également dans la Fédération de la Plasturgie, au conseil d'administration du Medef 29, à l'AJE (association Jeunesse et Entreprises) et depuis peu, dans le groupement d'employeurs Cornoualia. Un engagement en temps qui n'a rien d'inutile. Elle a pu le mesurer récemment, en devenant marraine d'une jeune créatrice d'entreprise quimpéroise (Lumipouss'). «Je peux l'aider très vite à trouver des contacts. Maintenant que je la vois démarrer, je m'aperçois de l'intérêt de connaître du monde. Je ne me rendais pas compte. Pour mon âge et mon ancienneté de chef d'entreprise, je pense avoir un très bon réseau.»
Témoignage Loin de culpabiliser comme beaucoup quand ils s'éloignent de leur société, la codirigeante de Cadiou Industrie prend du temps pour les réseaux.