L’entreprise varoise Abeille Propreté est la démonstration que l’on peut axer sa stratégie de développement économique sur le respect de l’environnement, la valorisation du travail et la considération des personnes. D’ailleurs la Fédération des entreprises de propreté l’a hissée au rang d’exemple en lui décernant le trophée RSE 2024.
40 % de croissance
Par ailleurs, ses chiffres le prouvent : depuis qu’elle a formalisé ses engagements il y a deux ans, cette entreprise de nettoyage basée au Muy dans le Var enregistre une croissance annuelle de 40 % de son chiffre d’affaires (un peu plus de 500 000 euros en 2023) et a doublé ses effectifs au premier semestre 2024, pour compter 30 salariés aujourd’hui. Et, sa dirigeante, Emmanuelle Meylan n’a eu aucun mal à recruter. Mieux, elle affiche un taux d’absentéisme et un turnover à faire pâlir d’envie bon nombre de dirigeants. "L’absentéisme est de moins de 10 %, le turnover de 8 %, alors même que nous embauchons", se félicite la dirigeante.
Le respect de l’environnement
Son secret ? Il tient à un savant mélange d’écologie et d’humanité. Dès le départ, Emmanuelle Meylan crée son entreprise avec la volonté d’avoir une action sur l’environnement et propose une prestation de nettoyage écologique. "Personne ne le faisait, se souvient-elle. Du choix des produits à l’écriture des process de nettoyage en passant par la sensibilisation des salariés aux bons gestes ou l’adoption de matériels les plus ergonomiques et les plus légers possibles réduisant à zéro le nombre d’accidents du travail depuis 2021, chaque détail compte", explique l'entrepreneuse.
Le respect des collaborateurs
Puis, à partir de 2021, elle ajoute une couleur sociale à sa stratégie. "Je me suis rendue compte qu’être transparente d’un point de vue écologique ne suffisait pas. Il fallait également cultiver cette transparence vis-à-vis des salariés et des clients et placer le respect au cœur de l’entité", raconte Emmanuelle Meylan. Dès lors, elle prend conscience qu’il existe une corrélation entre l’augmentation du chiffre d’affaires et donc des recrutements et le bien-être de ses salariés et leur performance. "Alors qu’autour de moi, des confrères sont obligés de refuser des contrats par manque de salariés, c’est tout l’inverse chez Abeille Propreté, dont les valeurs motivent les candidats à l’embauche."
Des salariés récompensés
Non seulement, l’entreprise reçoit des candidatures spontanées, une vingtaine par an, mais en plus, sa politique sociale a séduit des associations d’insertion, comme le centre départemental pour l’insertion sociale, Face Var ou encore l’association pour le développement de l’économie sociale et solidaire. "Au total, nous avons recruté six personnes éloignées de l’emploi en CDI, avec autant de belles histoires à raconter", confie l’entrepreneuse.
Chaque salarié est embauché en CDI, à 35 heures dans la mesure du possible et il reçoit une prime lorsqu’il permet le gain d’un nouveau contrat, lorsqu’il se transforme aussi en ambassadeur pour faciliter le recrutement. Parce que son entreprise est située en zone rurale, Emmanuelle Meylan a également cartographié chaque secteur d’intervention et ne prend pas de clients à Toulon et Saint-Tropez pour limiter les déplacements de ses salariés, voire en embaucher deux sans le permis de conduire. Elle rompt aussi leur isolement en misant sur la proximité et des moments de convivialité, dont certains se dérouleront bientôt dans de nouveaux locaux, toujours au Muy.