Emmanuel Macron déroule la stratégie nationale spatiale et annonce 20 milliards d’euros d’investissements
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Emmanuel Macron déroule la stratégie nationale spatiale et annonce 20 milliards d’euros d’investissements

Emmanuel Macron a présenté la stratégie nationale spatiale 2025-2040 à l’occasion de l’inauguration du Commandement de l’espace à Toulouse le 12 novembre. Le chef de l’État a annoncé 16 milliards d’euros de financements pour le spatial civil et 4,2 milliards d’euros supplémentaires pour le spatial militaire.

Ariane 6 est le "pilier" de l’accès autonome à l’espace de l’Europe selon la stratégie nationale spatiale — Photo : ESA-CNES-ARIANESPACE-ARIANEGROUP/S MARTIN - P PIRON

Avec plus de 20 milliards d’euros de financements, la stratégie nationale spatiale 2025-2040 présentée par Emmanuel Macron à Toulouse le 12 novembre, se dote de moyens ambitieux, selon le chef de l’État.

D’une part, l’actualisation de la loi de programmation militaire prévoit 4,2 milliards d’euros supplémentaires sur la période 2026-2030. D’autre part, la trajectoire financière du spatial civil, y incluant les activités duales aussi utilisées pour le militaire, atteint 16 milliards d’euros d’ici à 2030.

Un secteur actuellement sous financé

Car selon le document de présentation de cette nouvelle stratégie, le secteur est actuellement sous financé en Europe, contrairement aux États-Unis. Si l’investissement privé est en légère croissance (4,7 milliards de dollars en 2024 en Europe contre 1,3 milliard en 2023), les start-up "peinent à financer leur passage à l’échelle et leur industrialisation".

Des volets militaires et civils

Autant de facteurs qui ont "fragilisé la compétitivité des acteurs industriels européens", selon la stratégie nationale spatiale. L’objectif pour le chef de l’État est donc de répondre aux enjeux de concurrence et de compétitivité afin d’assurer la place de la France et de l’Europe dans l’espace. "L’espace n’est plus un sanctuaire, c’est devenu un champ de bataille", a prévenu Emmanuel Macron.

Outre les volets militaires en matière de défense active avec le déploiement dès 2027 de satellites capables de surveiller, inspecter et contrer les menaces en orbite, les enjeux industriels et de compétences sont nombreux. Parmi les principaux chantiers, Emmanuel Macron a cité le développement de "futurs lanceurs autour de la réutilisation, la propulsion à bas coût, la motorisation à forte poussée".

Une structuration attendue au niveau européen

"Le spatial français ne peut être crédible et même souverain qu’avec une industrie compétitive", a indiqué Emmanuel Macron. Il appelle notamment à repenser le modèle industriel et commercial, de l’amont à l’aval. Objectif : "s’insérer sur le marché mondial, sur le plan commercial mais aussi technologique", en consolidant certains acteurs et en associant les entreprises historiques et celles du "new space" comme la start-up girondine HyPrSpace, la rémoise Latitude ou encore MaiaSpace.

Selon la nouvelle stratégie nationale spatiale, "les filières industrielles doivent se structurer au niveau européen, le seul niveau raisonnable pour s’insérer durablement dans la concurrence internationale". L’émergence de "champions transnationaux" est citée, à l’image de la création récemment annoncée d’un géant européen du secteur spatial entre Thales, Airbus et Leonardo.

Des compétences nécessaires

Pour répondre à ces enjeux industriels, "il faut se doter d’une politique nationale des compétences à horizon 2 040", a déclaré Emmanuel Macron. Selon la stratégie nationale spatiale, cette politique devra anticiper les besoins, structurer l’offre territoriale de formation, pérenniser les meilleurs projets issus de France 2 030 et "maintenir l’excellence scientifique et technique qui fonde notre souveraineté".

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