Emballages : La mutation s'impose

Emballages : La mutation s'impose

Le packaging est un monde d'innovations et de recherches. Depuis quelques années, elles portent beaucoup sur le sujet complexe des emballages respectueux de l'environnement. Poussés par l'opinion publique et une législation de plus en plus stricte, les industriels bretons n'ont pas d'autre choix que de s'y mettre. Le salon Empack Ouest, qui se tiendra à Vannes les 14 et 15octobre, sera l'occasion d'évoquer cette mutation verte à l'oeuvre dans la région. Dossier réalisé par Armelle Gegaden, Isabelle Jaffré, Violaine Pondard et Nicolas Mollé

La crise a au moins ça de vertueux: elle pousse les industriels à chasser les coûts tous azimuts et donc à réduire leurs emballages. Un sujet de préoccupation majeur des industriels bretons, à l'affût des innovations capables de concilier préservation de l'environnement et économies pour l'entreprise. Le salon Empack Ouest, qui se tiendra à Vannes les 14 et 15octobre, consacre donc plusieurs tables rondes sur ce thème. Poussé par l'opinion publique et la législation, le tissu économique régional n'a plus qu'à s'y mettre. D'année en année, le droit ajoute des paliers à la réduction des substances dangereuses et aux objectifs de recyclage et d'incinération des déchets. Depuis la transposition d'une directive européenne en droit français, le code de l'environnement les oblige à réduire au maximum les poids et volumes des packagings, à minimiser les substances dangereuses et à prévoir leur fin de vie (recyclage, incinération ou compostage). Le dispositif de contrôle n'est certes pas tout à fait au point. Car il repose sur une auto déclaration des entreprises et des contrôles inopinés de la DGCCRF (Direction régionale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Laquelle n'est toujours une grande spécialiste des emballages. Le dispositif du point vert portant sur les produits vendus aux ménages, vient cependant encourager leur réduction. Une partie de la taxe versée par les industriels est en effet indexée sur la masse des packagings. Tous ces efforts ne sont pas vains. Selon Eco Emballages, le tonnage des emballages ménagers est passé de 4,8 à 4,4millions, entre1997 et2007, grâce notamment à la disparition progressive des sacs de caisse. Le poids de certains emballages continue de baisser, comme la bouteille plastique (45,5 grammes en 1994 et 35 aujourd'hui).




Problème de communication

«Le problème, c'est que les consommateurs ne le savent pas toujours», relève Blandine Lagain de Breizpack, réseau qui regroupe, à partir de Quimper, 300 sociétés du grand Ouest, utilisatrices ou fabricantes d'emballages. Les apparences sont parfois trompeuses. «Regardez les encres, par exemple. On ne connaît pas leur toxicité et leur impact réel. Mais certains imprimeurs ont fait un vrai travail sur les effluents. Ça, le consommateur ne le sait pas.» Un autre exemple significatif est celui du «prêt à vendre». Carton ondulé et imprimé, il sort du camion tel quel et sert d'espace de vente à même le sol. «Le consommateur condamne en pensant que des emballages ont été ajoutés, alors qu'en fait, on a fait sauter celui du transport», explique Nicolas Boutin, directeur du site Otor à Carhaix. La clarification pourrait venir des bilans environnementaux. Mais ils sont perfectibles. «C'est très difficile d'avoir du recul. Par exemple, l'impact de la fabrication de plastique à base de maïs ne tient pas compte de la pollution des eaux ou des pesticides», note Blandine Lagain.




Faire rimer économies et écologie

Vaste sujet, donc, aux contours incertains. Une chose est pourtant sûre. Pour convaincre les entreprises de se mettre au vert, il faut faire rimer écologie avec économies. «Avec le transport, par exemple, gagner de la place sur les palettes, c'est économiser des camions, donc réduire le coût, mais aussi l'empreinte carbone», note Christophe Morin, formateur à Formapack*, chef de projet emballage chez Triballat (35) et ingénieur-conseil. «C'est essentiel quand on sait que le transport représente 15% à 20% de l'impact global de l'emballage sur l'environnement.»




* Licence pro emballage et conditionnement de l'UBO, en partenariat avec la CCI de Morlaix.