Elivia : Un nouvel abattoir à Fruges?
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Elivia : Un nouvel abattoir à Fruges?

Viande La création d'un abattoir refait surface au moment où le nº2 de la viande en France décide de cesser l'abattage bovins à Hazebrouck au profit de Noeux-les-Mines.

La pérennité de l'abattoir d'Hazebrouck est aujourd'hui clairement posée au moment même où le cabinet rennais JBG Consultants remet un rapport sur la création éventuelle d'un abattoir «circuits courts» dans le Nord - Pas-de-Calais. Dominique Dupilet et Jean Louis Robillard, respectivement président du conseil général du Pas-de-Calais et vice-président du conseil régional chargé des questions agricoles, militent fortement pour une implantation à Fruges. Si sa localisation est quasiment acquise, une question reste cependant à trancher: faut-il moderniser dans un premier temps l'abattoir actuel de Fruges ou investir dans un nouvel outil sur la zone industrielle de la commune? La remise de ce énième rapport - le cabinet Blezat Consulting avait déjà travaillé sur l'éventualité d'un nouvel abattoir entre2002 et2004 - tombe au moment même où Elivia basé à Angers (2.500salariés, CA: 900M€) a décidé le 17novembre 2011 de «rapatrier les tonnages abattus à Hazebrouck vers son abattoir de Noeux-les Mines en évoquant un problème sanitaire». Au moment du rachat de Noeux-les-Mines par Elivia au groupe Bigard en juillet2010, Elivia s'était pourtant engagé à programmer ce transfert en mai2013. La société exploitante de l'abattoir (la Secah), qui regroupe outre Elivia, les établissements JB Viande, Menard, Taillandier, Mouille et Lemaire, est passée de 12.000 à 9.000tonnes entre2009 et2011. Et en 2012, l'abattoir ne pourrait pas atteindre les 4.000tonnes!




Départ brutal Ce départ brutal a provoqué non seulement la colère d'une ville qui a investi plus de 2,5M€ pour la modernisation de l'outil, mais aussi de JB Viandes reprochant à Elivia de «ne pas respecter ses engagements et de faire preuve d'irresponsabilité». La ville et la Secah annonçaient vouloir «entamer une procédure à l'encontre d'Elivia pour rupture des relations commerciales». Le 20mars, une réunion de conciliation aurait abouti à un concordat financier. Quel sera toutefois l'avenir du site d'Hazebrouck? On évoque sa transformation en logements sociaux dès janvier2015. Toutefois, si Hazebrouck est menacé, la région doit désormais compter avec la montée en puissance du groupe Pruvost-Leroy qui a investi plus de 4M€ dans la modernisation de l'abattoir de Douai (achevant actuellement la modernisation de sa chaîne moutons). Celui-ci est passé d'un tonnage de 8.600tonnes à plus de 11.000 entre2010 et2011, et table sur plus de 15.000tonnes en 2012. Par contre, même avec la fermeture d'Hazebrouck, la région serait encore en surcapacité d'abattage: c'est dire si la décision définitive des élus régionaux sera difficile à prendre.

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