Assez discrète depuis sa création en 1982 près du Pic Saint-Loup, la société Omicron (54 salariés, CA 2025 : 8,5 M€), située à Claret (Hérault), dispose pourtant d’un savoir-faire recherché dans l’industrie régionale : concepteur, fabricant et assembleur de systèmes embarqués et de dispositifs électroniques sur-mesure, elle produit 500 références (soit près de 70 000 produits) par an, à destination de filières stratégiques telles que la défense, le médical et l’optique.
Un sous-traitant de plus en plus intégré
Afin de doubler ses volumes, Omicron lance le chantier d’un nouvel atelier de fabrication, dans la commune voisine de Sauteyrargues (Hérault), avec 2,5 millions d’investissement à la clef. "Dans notre métier d’intégrateur, nous avons de plus en plus de clients "fabless" (sans usine de production, NDLR). Ils nous demandent une prestation totale, allant de l’étude à la fabrication et la logistique. Ces flux étant plus volumineux, il nous faut l’espace nécessaire pour mieux les gérer", résume Romain Jean, qui codirige la PME avec son frère Léonce Jean.
Augmentation des surfaces
Livrable en fin d’année 2026, le nouvel atelier portera la surface opérationnelle d’Omicron de 10 000 à 15 000 m2, tandis que sa surface bâtie passera de 3 000 à 5 000 m2 couverts. Il lui permettra de fabriquer près de 30 % de produits électroniques en plus dans la gamme existante. Parmi les derniers en date : un appareil de cryothérapie pour le secteur médical, un dispositif de détection de radiations pour la défense, etc.
Une accélération dans la défense
Le pôle de compétitivité Aerospace Valley vient de labelliser le nouveau site, lui ouvrant droit à une aide financière. Cette distinction sera aussi utile à Omicron alors qu’elle est engagée dans une démarche de certification EN 9100, qui actera la montée en compétences de ses équipes et le maintien d’un haut niveau de qualité dans son approche de prestataire intégré.
"Face aux enjeux de souveraineté en défense, nous nous préparons depuis deux ans à monter en cadence"
C’est un sésame exigé par l’aéronautique, le spatial et la défense, au moment où la PME accélère sa croissance auprès de ce dernier secteur, avec une production dédiée bondissant de 50 à 200 pièces par an. "Face aux enjeux de souveraineté en défense, nous nous préparons depuis deux ans à monter en cadence. Ce nouveau site nous en donnera la capacité industrielle", confirme Léonce Jean.
Des capacités R & D renforcées
Omicron compte une cinquantaine de clients, dont plusieurs grands comptes comme Thales, Ineo Défense (groupe Equans), Crouzet ou DMS. Avec 8,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, la PME s’affiche en croissance de 5 %. Elle table sur 10 millions d’euros dans les deux ans, et sur 15 à 20 millions d’euros une fois le nouveau site entré en vitesse de croisière.
Elle travaille "à 99,9 % en sous-traitance", tout en menant actuellement la R & D pour son premier produit en propre : un "paramoteur" destiné à la mobilité électrique aérienne, "qui embarquera de l’intelligence artificielle pour la gestion des batteries, et celle du vol", évoque Léonce Jean.
Omicron vient pour cela de nouer un accord avec le cabinet Rivinnov, situé à Montferrier-sur-Lez (Hérault), expert en systèmes embarqués. Un partenariat appelé à durer. "Nous avons notre bureau d’études, mais Rivinnov apporte la brique sur l’IA qui nous manquait. Cela s’inscrit à nouveau dans notre volonté de maîtriser toute la chaîne de valeur", souligne Romain Jean pour boucler la boucle.