Ils ne sont pas nombreux, mais ils existent ! Quelques chefs d'entreprises figurent sur les listes aux prochaines municipales en Finistère. Certains sont déjà élus, d'autres sont des petits nouveaux dans le monde de la politique. Tour d'horizon, non exhaustif, de ces patrons qui s'engagent.
Des têtes de liste
Élu de l'opposition à Plouider, Guy Mordret, patron de l'agence de communication multimédia Anaximandre, sera tête de liste pour ces élections 2014. Un engagement de longue date qui tient presque de la mission. « On est tellement peu nombreux à le faire. Les deux sphères, publiques et privées, se parlent déjà tellement peu, si personne n'y va, cela ne va pas s'améliorer, » explique-t-il. Un dialogue que celui qui tient aussi le blog "patron de gauche" estime pourtant indispensable. Parmi les autres têtes de liste chef d'entreprise, on trouve David Pliquet, à Camaret. « Pour moi, c'est un engagement citoyen », déclare celui qui a choisi la presqu'île pour installer son entreprise E-Mage-In 3D (lire page 13). « Vivre, travailler ici, c'est possible, même si on est loin. Je crois en mon coin, il n'y a pas de fatalité. » Au Faou, Geneviève Tanguy, fondatrice et dirigeante de L'Immobilière du Faou sera aussi tête de liste. Elle s'investit depuis 4 ans à la tête de l'union des commerçants au Faou et c'est la première fois qu'elle se présente. « J'ai eu un déclic en réalisant que personne ne représenterait ce que je veux défendre pour le Faou : un développement en phase avec les attentes des habitants et des professionnels. De par mon métier, je vois plusieurs familles choisir de s'y installer pour la position stratégique entre Brest et Quimper qui offre des possibilités de mobilité aux couples actifs. J'ai créé mon entreprise il y a 9 ans dans cette commune, si je veux que ça bouge, je dois m'investir. » À Rosporden, c'est Christine Le Tennier qui mènera la liste d'opposition. La dirigeante de Globe Export (fabrication de produits alimentaires à base d'algues) fait ses premiers pas dans le monde politique. Elle a voulu s'engager contre ce qu'elle appelle « les aberrations du système ». « J'en avais assez de l'inertie des pouvoirs publics et le dialogue de sourds qu'ils entretiennent avec le monde économique. Les élus locaux sont en prise avec le quotidien des entreprises. Je connais ce dont à besoin mon territoire. C'est pourquoi j'ai voulu m'engager. Pour le redynamiser ! »
« Ne pas critiquer sans connaître »
Pour Carole Sannier également, c'est un premier engagement. La gérante du Comptoir du flexible est l'une des trois chefs d'entreprise en activité sur la liste de Laurent Prunier (UMP) à Brest avec Karim Rabia (entreprise de sécurité) et Martial Koffi (commerçant). « On est venu me chercher et j'ai réfléchi pendant pas mal de temps. Au final j'ai accepté d'y figurer en tant que membre de la société civile, sans étiquette, car j'estime qu'il est difficile de critiquer ce qu'on ne connaît pas », explique-t-elle. Brigitte Barbato, dirigeante de Déménagement Barbato-Le Bec à Melgven tient aussi à être sans étiquette. « Je n'y serai jamais allé sous les couleurs d'un parti. » Adjointe à l'urbanisme depuis deux mandats, elle se représente. « Mon entreprise a 30 ans, et ça me fait du bien d'en sortir. De voir autre chose. C'est surtout un enrichissement personnel. On apporte notre regard de dirigeant. Mais la gestion des affaires publiques n'est pas la même. Elle est bien plus codifiée. »
Ils veulent sortir des clichés qui opposent le public et le privé. Des patrons ont décidé de s'engager en politique et de figurer sur des listes municipales.